Contre La sansure

Sénégal: un 1er-Mai avec de nombreuses revendications dans un contexte social tendu

0

Plusieurs centaines de travailleurs se sont rassemblés ce matin dans le centre de Dakar, à l’appel de l’ensemble des centrales syndicales du pays pour unir leur voix, alors qu’un an après l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités et de nombreuses promesses sociales une certaine impatience se fait sentir dans le rang des travailleurs, dans un contexte social tendu marqué par une série de licenciements jugés abusifs par les syndicats.

Plusieurs centaines de travailleurs se sont rassemblés à l’appel de l’ensemble des syndicats du pays sous le thème : « défendre le travail décent pour le progrès et la justice sociale ».
Plusieurs centaines de travailleurs se sont rassemblés à l’appel de l’ensemble des syndicats du pays sous le thème : « défendre le travail décent pour le progrès et la justice sociale ». © Léa-Lisa Westerhoff / RFI

Avec notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff

Abrité du soleil sous de grands barnums, l’ambiance est joviale, mais les vuvuzelas et les pancartes « oui à un salaire décent, non à l’exploitation » sont là pour rappeler l’urgence pour les autorités de respecter les engagements pris. Comme l’explique Ibra Diop, ex-navigateur : « Jusqu’à maintenant, on n’a pas eu gain de cause concernant nos luttes : que la rémunération soit juste. Ils n’ont pas fait un cinquième de tout ce qu’il devait faire. Sur toute la côté ouest-africaine, le salaire des marins sénégalais est le plus bas ». Ils demandent une augmentation comme promis en juin et dans le respect des standards de l’Organisation internationale du travail.

Du côté de l’éducation, Moussa Kassé, professeur du primaire, déployé au collège en attente d’une formation diplômante, lui aussi, commence à s’impatienter : « Le ministre de l’Éducation nationale n’a pas tenu sa promesse. Il avait dit début octobre que les chargés de cours seraient formés et là, nous sommes proches de la fin d’année et nous n’avons rien eu. Et nous sommes plus de 200 chargés de cours qui attendent. »

Les chargés de cours, du nom de ces professeurs du primaire déployés au collège et au lycée, sont mobilisés en ce 1er-Mai pour réclamer les formations diplômantes qui leur ont été promises par le ministère de l’Éducation nationale au Sénégal.
Les chargés de cours, du nom de ces professeurs du primaire déployés au collège et au lycée, sont mobilisés en ce 1er-Mai pour réclamer les formations diplômantes qui leur ont été promises par le ministère de l’Éducation nationale au Sénégal. © Léa-Lisa Westerhoff / RFI

« Non aux licenciements massifs et abusifs », peut-on lire sur de nombreuses banderoles. C’est l’autre grande revendication de ce 1er mai. Pour se faire entendre, les douze organisations syndicales ont donc décidé de s’unir. « Que l’on renvoie dans la fonction publique, c’est quelque chose d’inédit au Sénégal, explique Ousmane Diallo membre du front syndical pour la défense du travail. Nous allons contre-attaquer en tant syndicat pour remettre ces travailleurs dans leur droit. »

Réintégrer 400 fonctionnaires injustement licenciés, c’est l’une des demandes des syndicats qui devait figurer dans le pacte social signé dans l’après-midi entre gouvernement, syndicat et patronat. Une série d’engagements pour garantir un climat apaisé au Sénégal et âprement négocié ces dernières semaines.  L’amélioration du pouvoir d’achat des Sénégalais tout comme la généralisation de l’âge de la retraite à 65 ans font également partie de ce pacte social.

RFI

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?