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Sommet de Dakar sur la lutte contre la pauvreté : Tant que l’Afrique n’aura pas de dirigeants visionnaires…

Dakar, la capitale du Sénégal, a abrité ce jeudi 7 juillet, un sommet organisé par l’Association internationale de développement (IDA). Cette structure, créée en 1960, est une institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Le rendez-vous de Dakar a vu la participation de dirigeants africains dont Macky Sall, l’hôte du sommet et le président Buhari du Nigeria. L’élevage, la sécurité alimentaire, le capital humain et la transition énergétique sont les domaines prioritaires inscrits à l’ordre du jour.

Ces domaines, de toute évidence, représentent des défis que tous les pays africains ont en partage et auxquels ils doivent impérativement apporter des réponses idoines, pour autant qu’ils veuillent s’extirper de la pauvreté. Et une institution comme l’IDA peut y apporter sa contribution. De ce point de vue, on peut affirmer que la rencontre de Dakar est pertinente. Seulement, l’on peut légitimement se poser la question de savoir si ce genre de conclaves, où des discours fleuves sont débités par les élites politiques et administratives sur les problèmes de l’Afrique, peuvent véritablement impacter positivement le quotidien des populations dont l’écrasante majorité, on le sait, est en proie, chaque jour que Dieu fait, à des conditions de vie dignes du moyen âge. Et ce tableau déjà peu reluisant, continue de se noircir malgré les énormes efforts consentis par IDA depuis sa création en 1960. En effet, l’IDA fait partie des principaux bailleurs de fonds des 74 pays les plus pauvres du monde et représente la plus importante source de contributions des donateurs destinées aux services sociaux de base dans ces pays. Pour l’exercice budgétaire clos le 30 juin 2021, l’IDA a casqué 36 milliards de dollars, dont 12,1 milliards sous forme de dons.

Ce n’est pas le volume d’aides et de financements seul que l’on octroie à un pays, qui peut induire le développement de celui-ci

L’Afrique, à elle seule, a reçu 70% du total des engagements. Ces statistiques illustrent le fait que le continent noir est abondamment arrosé de dollars par l’IDA. Et depuis 1960, cet effort gigantesque est permanent. On peut aisément faire le constat que les effets induits, en termes de développement véritable pour l’Afrique, ne sont pas perceptibles. On peut donc affirmer, sans grand risque de se tromper, qu’il en sera toujours ainsi, tant que l’Afrique n’aura pas de dirigeants visionnaires, c’est-à-dire des dirigeants qui nourrissent de grandes et nobles ambitions pour leurs peuples et qui sont disposés à se sacrifier pour les traduire en actes concrets.

Des hommes et des femmes de cette qualité, l’Afrique en manque cruellement. Pour convaincre ceux qui pourraient être tentés de s’offusquer par cette façon de présenter l’Afrique, on peut leur dire ceci : l’IDA a fourni en 62 ans d’existence, 45 milliards de dollars à 114 pays. 37 pays sont sortis du groupe des bénéficiaires et nombre d’entre eux sont devenus des donateurs de l’IDA. Il s’agit notamment du Chili, de la Corée du Sud, de la Chine, de l’Inde et de la Turquie. L’Afrique brille par son absence sur la liste des pays qui, naguère, étaient pauvres et qui ont su inverser la tendance grâce à l’appui de l’IDA au point de devenir des bailleurs de fonds de cette institution. On peut donc en déduire que ce n’est pas le volume d’aides et de financements seul que l’on octroie à un pays, qui peut induire le développement de celui-ci. Il faut forcément ajouter à cela, la vision des hommes et des femmes qui le gouvernent.

Ce postulat doit impérativement être pris en compte dans les financements que les uns et les autres apportent pour le développement de l’Afrique. Au cas où ils n’en tiendraient pas compte désormais, ils courent le risque d’être accusés d’intelligence avec les élites politico-administratives pourries et corrompues et dont les comptes bancaires sont alimentés frauduleusement par des ressources des partenaires au développement. Gageons que la rencontre de Dakar sur la lutte contre la pauvreté, organisée sous l’égide de Macky Sall et de la Banque mondiale à travers l’IDA et à laquelle ont pris part des chefs d’Etat venus de tout le continent, changera de paradigme de sorte à ce que les efforts consentis par les partenaires, aillent dans le sens de l’intérêt général.

 

Pousdem PICKOU

 

(*) In. https://lepays.bf/sommet-de-dakar-sur-la-lutte-contre-la-pauvrete-tant-que-lafrique-naura-pas-de-dirigeants-visionnaires/

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