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La junte face au défi des sanctions de la CEDEAO (*)

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Que s’est-il passé pour adoucir les discours ?

Que s’est-il passé pour que le CNRD fasse sa mue en mettant du bémol dans ses réactions vis-à-vis de la communauté internationale ?

Les questions valent tout leur pesant d’or. Elles suscitent une grande curiosité, peu de temps après la conférence des chefs d’État de la CEDEAO, au cours de laquelle l’institution sous-régionale, a réaffirmé son attachement à ses principes concernant ses relations avec les pouvoirs de transition militaire. C’est dire qu’elle n’a nullement bougé de sa position.

Elle a marqué son opposition aux 36 mois annoncés par les nouveaux maîtres de Conakry comme durée de la transition. Réitéré le choix du diplomate ghanéen, Ibn Chambas. Exigé l’ouverture d’un cadre de dialogue approprié entre les acteurs concernés.

Malgré ce chapelet d’exigences, qui ressemble à un rappel à l’ordre, les militaires au pouvoir en Guinée, d’ordinaire, prompts aux réactions antiques, au ton caustique teinté de nationalisme, jugent, cette fois-ci nécessaire de se temporiser.

Ils acceptent ainsi de mettre en mode de veille prolongée, leur attitude de défiance contre l’extérieur.

Bref contre tous ceux qui sont supposés être rédhibitoires à l’exécution de leur agenda toujours illisible.

En effet, on a changé de fusil d’épaule. Au lieu d’un communiqué, comme c’est souvent le cas, on a préféré une interview dans un média étranger.

L’objectif est clair. C’est de pouvoir atteindre la cible à l’échelle du continent afin de bénéficier d’une nouvelle clémence au bout des décisions de sanctions qui ont été différées à très prochainement, au terme du sursis.

Pour porter cette voix, la junte a trouvé mieux que des polémistes pyromanes qui ont le don d’attiser.

Le secrétaire Général à la Présidence, a fait dans la pédagogie et dans le déni, cependant dépourvu d’art.

Cette sortie a eu le mérite de révéler la nouvelle posture conciliante du CNRD.

« Nous ne sommes pas fermés au dialogue » a dit en substance dans un ton assagi, le colonel Amara Camara chez nos confrères de France 24, à propos du rejet par la CEDEAO de la durée de la transition.

Dans le pays, ça a tout l’air que l’euphorie est retombée. La passion aussi. On est désormais capable avec beaucoup de discernement de prendre la mesure des sanctions dans un contexte de crise internationale, doublée d’une crise qui bouillonne à l’intérieur.

Même ceux qui apparaissaient complaisants et trop indulgents, conseillent désormais à la junte de ne pas se laisser aller à sa passion vis-à-vis de la CEDEAO.

« La CEDEAO n’a pas encore dit son dernier mot. Il ne faut pas minimiser la CEDEAO » étaient entre autres conseils que le Président du PEDN, Lansana Kouyaté a donné à ceux qui n’en sont pas conscients. C’était dans l’émission « On refait le monde ». Venant de lui, ancien secrétaire exécutif de l’instance sous-régionale, ça veut tout dire.

Pour les Guinéens, la CEDEAO est la seule alternative pour amener la transition guinéenne qui ne se fixe aucune limite, à se ressaisir. Car, il est difficile de compter sur les forces vives : syndicat faible ou affaibli, société civile atone et partis politique bigrement divisés.

 

Par Mognouma Cissé

(*) in DjomaMedia

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