La 5ème République à l’épreuve de l’efficacité publique
Notre pays se trouve une fois encore à un tournant décisif de son histoire. Les attentes des citoyens sont immenses, tandis que les défis économiques, sociaux et institutionnels se multiplient. Dans un tel contexte, la gouvernance ne peut se satisfaire de réponses ponctuelles ou de solutions improvisées.
Depuis près d’un an, les Guinéens font face à une crise persistante de liquidité qui fragilise les ménages, ralentit les activités commerciales et pèse lourdement sur l’économie nationale. Malgré l’ampleur de cette situation, les réponses apportées jusqu’ici peinent à rassurer et à produire des résultats concrets. Une crise de cette nature exige une vision claire, des mesures coordonnées et une communication transparente.
Ensuite, l’insalubrité gagne du terrain dans plusieurs de nos villes. Les tas d’ordures qui jonchent les artères publiques ne sont pas seulement une atteinte à l’image de notre pays ; ils constituent un véritable enjeu de santé publique. La gestion des déchets ne saurait relever d’actions sporadiques. Elle suppose une politique cohérente, une chaîne de traitement fonctionnelle et une mobilisation durable des acteurs concernés.
Par ailleurs, les opérations de déguerpissement des commerçants installés aux abords des voies publiques ont révélé les limites d’une approche dépourvue de solutions alternatives. Quelques semaines après leur évacuation, beaucoup ont repris leurs anciennes places, faute d’espaces aménagés et d’un plan d’accompagnement adapté. Une politique publique efficace ne se limite pas à déplacer un problème ; elle doit créer les conditions de sa résolution durable.
Monsieur le Président de la République, Général Mamadi Doumbouya,
La Cinquième République porte de grandes ambitions et suscite de nombreux espoirs, notamment à travers le volet gouvernance du « Programme Simandou 2040 ». Son succès dépendra de la capacité des institutions à répondre avec efficacité, méthode et anticipation aux préoccupations quotidiennes des citoyens.
L’heure est venue d’évaluer objectivement l’action gouvernementale. Les difficultés observées dans plusieurs secteurs invitent à une réflexion profonde sur les mécanismes de gouvernance et sur la nécessité d’insuffler une nouvelle dynamique. Une équipe gouvernementale est jugée à l’aune de ses résultats, de sa capacité d’innovation et de son aptitude à transformer les défis en opportunités.
La Guinée a besoin d’une gouvernance plus réactive, plus performante et davantage tournée vers les résultats. Les attentes populaires appellent une rupture avec les pratiques qui montrent leurs limites, au profit d’une méthode fondée sur la compétence, la responsabilité et l’efficacité.
Parce que gouverner, c’est prévoir, agir et corriger, il est encore temps d’engager les ajustements nécessaires afin que les ambitions de la Cinquième République se traduisent par des améliorations concrètes pour l’ensemble des Guinéens.
Aly Souleymane Camara
Enseignant-chercheur à la FSJP
