Contre La sansure

Sept choses à savoir sur la Coupe du monde 2026

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Ce mondial sera le plus grand de tous ceux organisés jusqu’à présent. Reste à savoir si il sera meilleure. DW vous explique tout ce que vous devez savoir.

 

Le plus grand événement du football mondial démarre jeudi (11.06) et promet déjà d’entrer dans l’histoire. La Coupe du monde 2026 s’annonce exceptionnelle à bien des égards : plus d’équipes, plus de matchs et, pour la première fois, une organisation partagée entre trois pays. Mais cette édition XXL sera-t-elle à la hauteur de toutes les attentes ? Entre innovations, enjeux politiques, critiques et défis logistiques, les interrogations sont nombreuses.

Coupe du monde de la FIFA 2026 | Tirage au sort à Washington D.C. | Les mascottes sur le tapis rouge
Le Mondial co-organisé par les Etats-Unis, le Mexique et le Canada se tient jusqu’au 19 juillet. Image : Jia Haocheng/Xinhua/picture alliance

 

Trois pays hôtes aux relations tendues

Cette Coupe du monde sera la première organisée par trois pays – les États-Unis, le Canada et le Mexique.  Trois pays coorganisateurs dont les relations se sont détériorées depuis le début du second mandat du président américain Donald Trump. Ses menaces d’annexer le Canada comme  » 51e État  » des États-Unis et ses droits de douane punitifs ont terni les relations entre ces deux alliés historiques. Les relations entre les États-Unis et le Mexique se sont également tendues sur plusieurs sujets, notamment la frontière commune et les menaces, au moins implicites, de Trump d’utiliser la force militaire pour lutter contre les cartels de drogue opérant au Mexique.

Plus d’équipes, plus de matchs

Autre particularité de ce Mondial 2026 : le nombre d’équipes, 48 au total. Ce qui signifie beaucoup plus de matchs : 104. Il y aura 12 groupes de quatre équipes. Les deux premières de chaque groupe, ainsi que les huit meilleurs troisièmes, accéderont aux seizièmes de finale. Ce tour éliminatoire supplémentaire a été introduit pour réduire le nombre d’équipes jusqu’à la finale à New Jersey le 19 juillet. Avec plus d’équipes, davantage de nations peuvent participer pour la première fois : le Cap-Vert, Curaçao, la Jordanie et l’Ouzbékistan feront leurs débuts. Une bonne nouvelle pour leurs supporters, mais certains critiques craignent une baisse du niveau de jeu global.

Coupe du monde des clubs de la FIFA 2025 | FC Bayern Munich vs CA Boca Juniors | Joshua Kimmich au bord du terrain sous la chaleur
Plusieurs des 16 stades se situent dans des zones de chaleur estivale extrême, aggravée par une humidité étouffante. Image : Marco Bader/HMB-Media/IMAGO

 

Pauses d’hydratation obligatoires

Lors de ce Mondial, les pauses d’hydratation seront obligatoires : deux interruptions de trois minutes, autour de la 22e minute de chaque mi-temps, quelle que soit la météo. Auparavant, des pauses rafraîchissement étaient imposées à la 30e minute lorsque la température dépassait 31 °C au coup d’envoi. Ce changement est lié aux inquiétudes concernant les fortes chaleurs attendues dans certaines villes hôtes, comme lors de la Coupe du monde des clubs l’été dernier aux États-Unis.
De manière pratique pour les diffuseurs, la FIFA a confirmé qu’ils pourront diffuser des publicités pendant ces pauses de trois minutes. Cela permet de contourner un problème rencontré lors du Mondial 1994 et découpe les matches en quasi-quarts, comme au basket ou au football américain.

États-Unis, Minneapolis, 2026 | Manifestations et affrontements devant un centre de l'ICE après une fusillade mortelle
L’ONU appelle Washington à revoir « en profondeur » l’application de sa politique migratoire. Image : Mostafa Bassim/Anadolu/picture alliance

 

Préoccupations liées aux droits humains

Autre point important : un rapport d’Amnesty International alerte sur des risques liés aux droits humains. Il critique notamment les actions des agents d’immigration aux États-Unis. Le rapport souligne aussi les enjeux de sécurité au Mexique, avec un déploiement massif de forces, et s’inquiète, au Canada, d’une possible marginalisation des personnes sans-abri ainsi que de restrictions à la liberté de rassemblement.

Coûts élevés des déplacements et des billets

Autre défi : la logistique. Les distances entre les villes hôtes sont immenses, ce qui complique les déplacements des supporters. Les villes les plus éloignées sont Vancouver et Miami, séparées par 4 507 kilomètres. Par exemple, un supporter allemand souhaitant suivre son équipe devrait parcourir environ 2 619 kilomètres entre Houston, Toronto et New Jersey rien que pour la phase de groupes.  À cela, s’ajoutent des prix de billets très élevés, vivement critiqués, certains atteignant des montants records. La principale association de supporters de football en Europe a même porté plainte contre la FIFA auprès de la Commission européenne pour  » prix excessifs « .

À un mois du match d’ouverture, la plupart des billets étaient encore disponibles. Les meilleures places pour le match États-Unis–Paraguay à Los Angeles atteignaient 4 105 $, tandis que certains matchs moins demandés proposaient des billets à partir de 380 $. Sur la plateforme officielle FIFA Marketplace, il y a des billets pour la finale qui étaient proposés à plus de 2 millions de dollars l’unité. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, défend ces prix, affirmant qu’ils reflètent la forte demande. Il a même plaisanté en disant :  » Si quelqu’un achète un billet pour la finale à 2 millions de dollars, je lui apporterai personnellement un hot-dog et un Coca pour qu’il vive une expérience inoubliable. »

La question iranienne

Le contexte géopolitique pèse aussi sur la compétition. La participation de l’Iran, par exemple, reste sensible en raison des restrictions de voyage vers les États-Unis. Une solution a toutefois été trouvée : l’équipe sera basée au Mexique et ne traversera la frontière que pour ses matchs à Los Angeles et Seattle.

République démocratique du Congo, Bunia, 2026 | Zone d'isolement dans un centre de traitement d'Ebola
La RD Congo a « respecté tout ce qui était préconisé » face à l’épidémie d’Ebola, a déclaré le ministre des sports de la RDC. Image : Xinhua/picture alliance

 

L’épidémie d’Ebola en RDC

Enfin, la situation sanitaire joue également un rôle. L’épidémie d’Ebola, en République démocratique du Congo, perturbe la préparation des Léopards, contraints de modifier leur programme et d’écourter leur adaptation en Amérique du Nord. Les États-Unis, où ils doivent être basés, exigent que toute personne non américaine ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud, passe 21 jours hors de ces pays et ne présente aucun symptôme avant d’être autorisée à entrer.

Autant d’enjeux qui font de cette Coupe du monde un événement aussi inédit que complexe.

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