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M. le Ministre du MATD : le FNDC a été créé le 3 avril 2019 et non le 14 octobre 2019

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Dans sa décision du 6 août, rendue publique hier, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a indiqué que le Front national pour la Défense de la Constitution est né le 14 octobre 2019. Ils sont combien de fonctionnaires dans ce département ministériel qui ont contribué à la rédaction de cet acte administratif, qui étale le manque de savoir faire de ce ministère qui bloque la démocratie en Guinée depuis que les élections sous le régime du multipartisme ont commencé en décembre 1993 ? 

Nombre de commentateurs et acteurs politiques et des organisations  de la société civile ont trouvé la décision gouvernementale inutile, inopportune et contreproductive.

Pour Bah Oury, Président de l’UDRG, que certains annoncent pour remplacer le Premier ministre Mohamed Béavogui, dans des propos recueillis par africaguinee (*) « lorsque le ministre de la Justice Garde des Sceaux avait évoqué cette éventualité, j’avais indiqué qu’une mesure de ce genre pourrait être contreproductive. Parce que dans le cadre des organisations de manière générale, il est souhaitable d’avoir des interlocuteurs attitrés et officiels que d’avoir une nébuleuse qu’on ne peut pas déceler surtout dans le contexte actuel avec l’existence des réseaux sociaux et avec cette insécurité grandissante dans la phase des luttes politiques qui sont en train de se faire. Ce qui s’est passé est regrettable. Donc, de ce point de vue, c’est contreproductif « .

Mais, poursuit-il, « aller jusqu’à appeler à ce que les intérêts guinéens et de l’État guinéen soient aliénés, ce sont des propos extrêmement graves qui ne peuvent pas laisser les observateurs aussi bien nationaux qu’internationaux inactifs (…) Malheureusement dans notre pays, les gens fonctionnent selon leur égo, leur propre ambition et leur aveuglement. Ce qui fait que ce qui est simple dans un pays normal, devient extrêmement compliqué en Guinée ».

« Le FNDC est l’expression de chaque citoyen… Tout le monde doit œuvrer pour que le FNDC ne disparaisse pas » (A. Sano).

Pour Abdourahmane Sano, premier Coordinateur du FNDC, courageux Ministre du CNDD du Capitaine Moussa Dadis Camara, qui avait démissionné pour protester contre les tueries du 28 septembre 2009, cité par mosaiqueguinee (2) «c’est avec une très grande surprise et beaucoup de questions que j’ai appris l’acte parlant de dissolution du FNDC. Je me demande, en réalité, à quoi ça sert ? Comment ça va être appliqué ? Est-ce qu’il y a une compréhension de ce que c’est que le FNDC ? Est-ce qu’on ne pouvait pas faire les choses autrement et je me demande enfin, qu’est-ce qui amène à un truc de radicalité ? Toujours est-il que cet acte est l’expression, même si je crois profondément à son inefficacité, d’un agacement, d’un embarras et peut-être sans chercher à trouver les bonnes solutions par rapport au combat que le FNDC est en train de mener, pour la restauration de la démocratie »

Je ne pense pas que l’acte là avait lieu d’être. On aurait dû éviter cela. Le FNDC est l’expression de chaque citoyen ; à moins qu’on dise à chaque citoyen, vous n’êtes plus citoyen ou qu’il est déchu de sa nationalité. Mais, dans la pratique, ce qu’il faut craindre, c’est qu’on ne se serve se cet acte qui, pratiquement, questionne, pour aller à la répression parce qu’on rentre, de plus en plus, dans une situation assez radicale. Les positions se radicalisent davantage et la raison domine moins ; il y a des question d’ego aussi qu’on voit se greffer à tout ça. Il faut donc craindre que cet acte de dissolution ne soit utilisé pour justifier la répression pour des fins d’intimidation. Or, je ne crois pas non plus que la répression, la création de la peur comme mode de gouvernance, soit plus efficace dans le contexte du 21ème siècle. (…). Tout le monde doit œuvrer pour que le FNDC ne disparaisse pas. En œuvrant à cela, peut-être qu’on peut améliorer ses actions. Le CNRD a intérêt à ce que le FNDC ne disparaisse pas ».

Pour un analyste, « c’est aux Guinéens de démontrer le 17 août prochain si le FNDC est moins légitime que le CNRD qui a prit la décision de le dissoudre. Et comme ils ont procédé à cette dissolution, le CNRD et son gouvernement devraient laisser les guinéens, notamment ceux de l’Axe, manifester pacifiquement ce jour. Ou, avant cette date, engager un dialogue sincères avec les forces vives et démilitariser la commune de Ratoma« .

 

Brehim Ould MAHMOUD

(1) https://africaguinee.com/articles/2022/08/09/dissolution-du-fndc-c-est-contreproductif-selon-bah-oury

(2) https://mosaiqueguinee.com/abdourahmane-sanoh-brise-le-silence-le-cnrd-a-interet-que-le-fndc-ne-disparaisse-pas/

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