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Dissolution du FNDC en Guinée : « Les autorités de transition rétrécissent l’espace civique » (Africtivistes)

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Dans un arrêté ministériel rendu public dans la soirée du lundi 8 août, le ministre Guinéen de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Mory Condé, a annoncé la dissolution du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) – une coalition de partis politiques, de syndicats et d’acteurs de la société civile – qui avait organisé partout dans le pays des grandes manifestations contre le tripatouillage constitutionnel et le troisième mandat du Président déchu Alpha Condé (2010-2021) évincé à la suite d’un coup d’État militaire le 5 septembre 2021.

La décision du ministre de qualifier le FNDC « d’un groupement de fait » ne repose sur aucune base juridique légale. Pour preuve, la loi L/2005/013/AN fixant le régime des associations en République de Guinée et la loi L/2015/009 portant sur le Maintien de l’ordre public en Guinée invoquées, entre autres textes, par les autorités dans leur arrêté ne font pas cas d’un quelconque « groupement de fait ».

Cette décision est aussi en violation flagrante des articles 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, l’article 21 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, l’article 11 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, les articles 34 et 8 alinéa 2 de la Charte de la Transition Guinéenne.

De gauche à droite : Saïkou Yaya Barry, Oumar Sylla (Foniké Manguè) et Ibrahima Diallo.
Déjà, dans la nuit du vendredi au samedi 30 juillet 2022, le coordinateur national du FNDC, Oumar Sylla alias Foniké Mengué avait été interpellé à son domicile par des militaires encagoulés et lourdement armés. Quelques jours plus tard, c’est Ibrahima Diallo responsable des Opérations du mouvement citoyen et Saïkou Yaya Barry, Secrétaire exécutif de l’Union des Forces Républicaines (UFR), un parti d’opposition guinéenne, qui furent aussi interpellés et placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt centrale de Conakry.

Ils sont inculpés pour « participation à un attroupement interdit, de pillages, de destructions de biens publics et privés, d’incendies et de coups et blessures volontaires » suite aux manifestations du 28 et 29 juillet réprimées dans le sang par les forces de défense et de sécurité et qui ont fait officiellement cinq morts et une dizaine de blessés.

AfricTivistes s’inquiète de la détérioration de la situation des droits humains en Guinée et du rétrécissement de l’espace civique par la junte militaire au pouvoir. Nous déplorons le manque de dialogue sincère qui a conduit à l’enlisement de la situation politique du pays.

AfricTivistes demande aux autorités de la transition d’éviter l’escalade, de reconsidérer leur décision de dissoudre le mouvement citoyen, de lever l’interdiction de manifestations décrétée depuis le mois de mai et de garantir l’exercice des droits et libertés accordés aux citoyens.

Nous invitons également le gouvernement de transition à privilégier la concertation et le dialogue pour une sortie rapide de crise en facilitant l’organisation d’élections libres et transparentes dans un délai raisonnable.

AfricTivistes exige du gouvernement guinéen une enquête pour faire la lumière sur les décès enregistrés et les violations des droits humains constatés lors des manifestations.

Nous appelons en définitive la communauté internationale et les organisations de droits humains en Afrique et dans le monde à se pencher sur la situation en Guinée pour ramener la junte au pouvoir à la raison et éviter que la situation ne devienne incontrôlable.

 

AfricTivistes

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