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La démocratie se construit au fil de l’évolution de la société. Elle ne se décrète pas.

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Les uns, alors détenteurs du pouvoir, incapables de produire des idées et des résultats pour aider leur « champion » à réussir la transformation de la société guinéenne qu’il ambitionnait, consacraient leur temps, avec une incommensurable débauche d’énergie, à vouloir sans cesse clouer au pilori l’opposition. Allant parfois jusqu’à lui nier son droit d’exister. De quoi se demander s’ils n’étaient pas amnésiques au vu de ce qu’ils vécurent, eux-mêmes, sous la deuxième république.
Les autres, totalement improductifs au niveau des solutions alternatives à proposer à ce peuple qui depuis trop longtemps végète dans la misère, passaient le clair de leur temps à exacerber les contradictions intrasociales afin d’entretenir une instabilité permanente dans le but d’affaiblir le pouvoir de l’adversaire politique ; peu importe que cela soit dans l’intérêt de la nation ou pas.
Les voix des esprits rationnels étaient alors étouffées par le vacarme incessant du combat permanent de ces deux entités qui se nourrissaient l’une de l’autre.

Et voilà que ce premier dimanche de septembre 2021, un pur produit du système décida de renverser ce dernier, pour des raisons qu’il est le seul à connaître, et s’engouffra dans la voie du milieu laissée vacante par cette vision binaire du pays.
Aveuglés par la détestation de l’adversaire politique, les autres applaudirent le coup de force et chose inédite dans l’histoire, ils participèrent à l’investiture pour une durée indéfinie d’un « président » issu d’un coup d’état et comble de tout, certains allèrent jusqu’à demander à la junte militaire de ne pas élargir le président de la République alors que les démocrates du monde entier réclamaient au même moment la libération immédiate de ce dernier.
Pourtant, dès les premières heures, nous avons appelé à la prise de recul, à la lucidité, à la vigilance et à l’exigence, mais hélas les « nouveaux démocrates » étaient trop occupés à fêter une « victoire » qui n’était pas la leur.
Au vu de l’évolution de la situation, on serait tenté de dire : « Eh bien, qu’ils boivent jusqu’à la lie le vin qu’ils ont tiré ! » Mais non, il ne s’agit pas que d’eux, il s’agit de notre pays, notre terre, notre nation et notre peuple !
C’est pourquoi, nous reprenons notre plume pour écrire et dire à la junte militaire que l’incontestable faillite de la classe politique de la dernière décennie ne devrait en aucun cas justifier le maintien du pays sous soldatesque au nom d’une décision unilatérale d’exécution d’un « programme » de « refondation » au contours flous.

Au vu du tribut payé par notre peuple dans le combat pour la démocratie, le recul démocratique ne saurait être une option. Dans le pacte républicain que vous avez signé, votre place est dans les casernes et non pas dans les palais de la république. Donc cette transition ne peut et ne doit pas s’éterniser.
Le renouvellement de la classe politique est certes une nécessité, comme nous l’avons toujours dit, mais elle ne saurait être décrétée par quelques-uns. C’est au peuple et uniquement au peuple d’en décider au travers de mécanismes démocratiques.
Quelle que soit votre volonté, n’oubliez guère que votre mandat n’émane pas du peuple souverain et par conséquent sans concertation et consensus, vous ne pouvez prétendre agir au nom du peuple. Vous avez certes pris le pouvoir par la force des armes, mais il est utopique de penser pouvoir gouverner par la force.
Pour consolider votre coup de force, vous avez, de bonne guerre, intégré dans vos rangs certains des «jusqu’au boutistes» de la classe politique et de la société civile. C’est votre choix. Mais vous serez tenus pour seuls responsables des conséquences de toute autre atmosphère délétère créée dans le pays par ces derniers.
Par ailleurs, on ne construit pas une nation par rapport aux situations particulières de quelques hommes et femmes, mais plutôt par rapport à une vision partagée par le peuple et permettant de faire face aux défis d’aujourd’hui et de demain.
La lutte contre les détournements de derniers publics dans un pays comme la Guinée est une nécessité absolue, mais liée à un agenda politique, elle perd tout son sens. Quoi qu’il en soit, il est certes important de punir les coupables de détournement mais il est primordial de mettre en place, par des réformes intelligentes, les mécanismes qui empêchent les détournements.
Pour les auteurs d’un coup d’état dont la motivation affichée était le rassemblement des guinéens, une médiation étrangère est un échec qui ne dit pas son nom ; d’autant plus que vous aviez toutes les cartes en main pour mettre les guinéens autour de la table et trouver une solution guinéenne entre guinéens. Vous devez en tirer les conséquences !
Ainsi, après un an de flou, il est maintenant temps d’agir au grand jour en associant tous les fils et filles de Guinée à une démarche structurée pour une transition efficace. Ouvrez le dialogue afin de pacifier ce pays et s’atteler au travail. Communiquez les réformes majeures à mettre en œuvre pendant la transition. Publiez le document de politique générale de la gestion de la transition.
Publiez l’ossature et les noms des membres du CNRD. En effet cet organe tel que décrit dans la charte de la transition ne peut rester inconnu du peuple. Déclarez vos patrimoines. Les déclarations d’intention de « non enrichissement personnel » ne suffisent pas.
Ne rédigez pas en catimini une nouvelle constitution pour le pays, sinon elle sera inéluctablement remise en cause un jour. N’inventez pas un système qui posera plus problèmes que de solutions. La démocratie se construit au fil de l’évolution de la société. Elle ne se décrète pas.
Pour terminer, déclarer que « la transition doit réussir » reste une simple incantation si on n’en crée pas les conditions. Alors la balle est dans votre camp !

Puisse Dieu bénir la Guinée !

Laye BAMBA

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