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« Nous sommes un peuple enfantin, un pays qui se ridiculise … nous répétons les mêmes erreurs et les mêmes bêtises ».

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Invité de l’émission ‘Mirador’ de FIM FM, l’ancien Ministre Khalifa Gassama Diaby a fait des commentaires secs… un diagnostic clair de la situation du pays. Propos recueillis par visionguinee (*). Extraits

« Nous sommes un pays misérable, pas dans la misère sociale et économique communément appelé la pauvreté, mais nous sommes un pays intellectuellement et moralement misérable. Nous refusons d’accepter la vérité et nous sommes installés dans une logique de perpétuel recommencement de même bêtise. A un moment donné, au-delà de l’amour que nous portons et que nous pouvons porter pour chaque guinéen et pour ce pays, on n’a pas envie de parler. Nous sommes un peuple enfantin, un pays qui se ridiculise. Parce que nous répétons les mêmes erreurs et les mêmes bêtises.

Le processus de désenchantement, je ne le souhaite pas. Parce que je souhaite la réussite de cette transition. le premier objectif de la réussite de cette transition incombe au CNRD. Il n’incombe pas aux guinéens. Le CNRD a la responsabilité de poser des actes, de faire en sorte que cette transition réussisse pour leur honneur et pour le bien de notre peuple (…) la dynamique du désenchantement, il suffit d’observer la situation du pays, la crise dans laquelle nous nous trouvons. Et cette crise n’arrange pas le pays, elle n’arrange pas le CNRD. Il faut en sorte que les uns et les autres reviennent à la raison.

Ce qui m’a poussé d’écrire cette tribune, au-delà des coups d’Etat qui sont intervenus dans la sous-région et la problématique que cela pouvait imposer à nous, ce qui me marquait dans les différents commentaires qui se passaient surtout au niveau de l’élite et de l’intelligentsia de notre pays, c’est cette tentation qu’il y avait à théoriser une nouvelle façon de faire la démocratie avec une espèce de paresse et de malhonnête intellectuel. Et nous sommes installés dans une logique où il fallait théoriser la haine des partis politiques, de la liberté et celle de la démocratie. Cela me préoccupait parce que si les guinéens l’ont accueilli comme ils l’ont fait le 5 septembre, ils ne l’ont pas fait parce qu’ils ont la haine des partis politiques et de la démocratie. Ils l’ont fait parce qu’ils ont pris le coup du 5 septembre comme une promesse certaine de liberté et de démocratie.

On ne peut pas haïr la liberté et vouloir instaurer la démocratie.

Et cette tentation intellectuelle, on la voit avec cette démarche qui nous théorise avec cette démarche impossible intellectuellement à faire de la démocratie sans les partis politiques et sans l’amour de la liberté. Et c’est une tentation totalitaire et c’est quelque chose qui nous guette. Il n’y a pas de démocratie sans les partis politiques, sans la liberté. On ne peut pas haïr la liberté et vouloir instaurer la démocratie.
C’est ce qui m’a amené à faire cette tribune. Et c’est pour alerter, pour faire en sorte que nos intellectuels occupent leurs places. Parce que nous avons besoin d’une réelle démocratie. Et je trouve que c’est insultant pour les peuples africains de penser que nous ne pouvons pas construire une réelle démocratie et qu’il faut aller dans une espèce de démocratie de cocotier. Si on veut la démocratie, on y met le prix. Sinon ce n’est pas la peine.

La seule légitimité d’un coup d’Etat, c’est sa capacité à travers un processus de consolidation des institutions, de transférer le pouvoir aux civils. Donc sa légitimité se jugera à la fin. Je prie Dieu que le CNRD réussisse cela (…), mais les signaux qui sont là ne sont pas rassurants. Je le dis avec beaucoup de peine et de tristesse, je constate que le premier échec de cette transition, c’est que certains ont réussi à s’accaparer du colonel Mamadi Doumbouya. On a réussi à faire de lui un acteur partisan. Je veux dire qu’on a réussi à faire du CNRD un parti politique. En Guinée, vous entendez les gens dire ‘l’esprit CNRD, on est pro ou anti-CNRD’. Personne n’est anti-CNRD’ (…) nous pouvons normaliser la vie politique, mais on ne peut pas construire la démocratie sans les  partis politique. Cette tentation de la haine contre les partis politiques n’est pas sérieuse. Elle nous mène vers le chemin du totalitarisme ».

L’ancien ministre de l’ex président Alpha Condé conseille au CNRD du Colonel Doumbouya « à faire attention pour ne pas tomber dans ce piège qui ferait d’eux partie prenante aux conflits politiques et sociaux de notre pays. Il faut qu’ils se mettent au-dessus de la mêlée et qu’ils pensent à l’intérêt supérieur de notre pays, pas contre les uns et les autres« .

 

Mamadou B. BAH

avec visionguinée.info

 

 

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