Contre La sansure

9 ans après, les ordures tuent encore à la décharge de Dar-Es-Salam (Par Soninké Diané)

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Le 22 août 2017, la Guinée était frappée par un drame terrible. À Dar-Es-Salam, l’effondrement d’une montagne d’ordures emportait des vies et plongeait des familles dans une douleur indescriptible. Des enfants, des parents, des êtres humains sont morts sous ce que notre incapacité collective à anticiper avait laissé devenir un danger permanent.

Neuf ans plus tard, presque jour pour jour, l’histoire se répète.

Encore des familles brisées.
Encore des vies perdues.
Encore des mères qui pleurent.
Encore des enfants qui attendront en vain le retour d’un parent.
Encore une nation qui se demande : comment avons-nous pu laisser le même drame revenir ?

Le plus douloureux, ce n’est pas seulement que les ordures aient encore tué. C’est de constater que ce danger était connu. Nous avions déjà pleuré. Nous avions déjà enterré des victimes. Nous avions déjà juré : plus jamais ça.

Mais neuf ans après, nous sommes encore là, devant la douleur des familles, à compter les morts et à chercher des explications.

À toutes les victimes de ce nouveau drame et à leurs familles, j’adresse mes pensées les plus sincères. Derrière chaque chiffre, il y avait une vie. Une personne avec des rêves, une famille, des proches et un avenir. Aucune statistique ne pourra consoler une mère qui perd son enfant, ni remplacer un père, une sœur, un frère ou un ami arraché brutalement à la vie.

Il faut avoir le courage de regarder notre histoire en face. Ce drame n’est pas né aujourd’hui. Il est aussi le résultat de plus de vingt années de retards accumulés, d’insuffisances, de manque de vision et d’une gestion trop souvent incapable d’anticiper.

Une gouvernance ne doit pas attendre qu’un drame survienne pour se mettre en mouvement. Gouverner, ce n’est pas faire du sur-place. Gouverner, c’est voir venir. C’est prévenir. C’est anticiper. C’est protéger des vies avant qu’il ne soit trop tard.

Je sais que la volonté de transformation du gouvernement actuel est réelle. Sous la clairvoyance du Général Président Mamadi Doumbouya, nous voyons une volonté de rompre avec certaines habitudes qui ont trop longtemps freiné notre pays. Nous voyons également l’engagement du ministre Aboubacar Camara, conscient de l’immensité du défi.

Mais les drames de Dar-Es-Salam nous rappellent que l’urgence est désormais d’agir plus vite que les catastrophes.

La Guinée doit sortir définitivement de la logique qui consiste à déplacer les ordures d’un endroit à un autre, sans régler durablement le problème. Nos déchets doivent être collectés, traités, transformés et valorisés. La prévention doit devenir une priorité nationale.

Car une chose est certaine : nous ne pouvons plus continuer à pleurer les conséquences de problèmes que nous connaissons depuis des années.

Neuf ans après, les ordures ont encore tué.

Et cette fois, au-delà de notre tristesse et de notre compassion, nous devons collectivement nous poser cette question :

Combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que nous décidions réellement d’anticiper ?

Honorer les victimes, ce n’est pas seulement prononcer des prières pour elles ou présenter nos condoléances à leurs familles.

C’est agir pour que plus jamais une famille guinéenne ne perde un être cher sous une montagne d’ordures.

Que Dieu accueille les victimes dans Sa miséricorde infinie, apaise les cœurs meurtris et donne à notre pays la force de transformer cette douleur en action.

Parce qu’une nation qui avance n’est pas celle qui sait seulement réagir après la catastrophe.
C’est celle qui sait anticiper avant que le danger ne tue.

Soninké Diane
Citoyen

 

Source: https://www.lerevelateur224.com/2026/08/23

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