Au doyen Boubacar Yacine Diallo,
Tout mon respect pour votre âge et pour votre ancienneté dans la corporation, mais pas pour votre parcours de journaliste.
Nous sommes jeunes, certes, mais nos mémoires sont vives par les témoignages des anciens qui vous ont connu et pratiqué socialement et professionnellement, et les archives du passé sont encore disponibles pour nourrir les esprits sur votre personnalité d’hier et celle d’aujourd’hui.
C’est justement ce qui nous a poussés à nous affranchir du journalisme que vous aviez pratiqué, un journalisme dont l’objectif manifeste était de vous tailler une place au soleil auprès des pouvoirs exécutifs. Vos éditos flatteurs du général Lansana Conté, que vous courtisiez sans limite pour tomber à bras raccourcis sur ses anciens opposants, en sont la preuve éloquente. Vos prises de position actuelles contre la corporation qui a permis de vous ressusciter (la HAC) au lendemain du 5 septembre 2021, en sont une preuve vivante.
Ne nous confondez pas avec des parvenus. Nous sommes des professionnels dont l’histoire s’écrit avec dignité, honnêteté et responsabilité, au service exclusif de la République et de notre nation.
Si nous étions dans les années 80-90, j’aurais été à votre école pour apprendre quelque chose de vous. Mais cette époque est révolue. Aujourd’hui, c’est à vous de vous inscrire à notre école pour vous rafraîchir la mémoire si vous voulez continuer encore à parler de la pratique du journalisme. Car le journalisme d’aujourd’hui ne vous appartient plus.

Occupez-vous de nous relater l’histoire que vous avez vécue en tant que journaliste, mais n’espérez jamais servir de modèle pour nous. Quant à nous, nous vous enseignerons les dernières évolutions du journalisme en tant que science, avec ses exigences nouvelles.
Ceci n’est qu’une simple annonce avant ma déclaration. À partir de demain, une lettre vous parviendra gratuitement par la poste, accompagnée d’une démonstration vidéo d’ici le week-end. Elles seront des documents pour la mémoire collective, destinés à éviter à la nouvelle génération l’erreur de vous citer comme un exemple dans ce métier que vous êtes en train de tuer pour vous sauver des angoisses de la retraite, surtout quand on occupe un bâtiment administratif de la cité des journalistes.
À bientôt !
