Contre La sansure

 Être journaliste est-il devenu un crime en Guinée ? (Olladi Ibrahim, journaliste.)

0

En Guinée, exercer le métier de journaliste ressemble de plus en plus à un parcours semé d’embûches, où l’objectivité et le droit d’informer semblent être perçus comme des actes de provocation.

Ces dernières années, le cas de plusieurs confrères, notamment Abdoul latif en exil, Babila en exil dont le père âgé de 75 ans vient d’être enlevé par des inconnus, Habib Marouane enlevé sur sa petite famille par des hommes en uniformes et plusieurs d’autres, sans parler des acteurs de la société civile, Foniké menguè et Billo Adjass illustrent une réalité inquiétante : le journalisme, censé être le quatrième pouvoir et un pilier de la démocratie, est traité comme un délit.

Qu’ont-ils fait, ces professionnels de l’information, pour mériter l’intimidations, l’arrestations arbitraires, menaces et suspensions ?

Rien d’autre que leur métier : enquêter, dénoncer, poser des questions qui dérangent. Dans un contexte où les autorités brandissent la  « sécurité » et l’ordre public” comme prétexte, la simple diffusion d’un reportage ou d’une opinion critique peut suffire à transformer un journaliste en suspect.

La Guinée, pourtant signataire de chartes et de conventions internationales garantissant la liberté de la presse, envoie aujourd’hui un message troublant : informer n’est plus un droit, mais un risque. Cette dérive alimente la peur, favorise l’autocensure et appauvrit le débat public. Quand des voix comme celles de Abdoul Latif Diallo, Babila Keïta ou de Habib Marouane Camara sont muselées, ce n’est pas seulement la presse qui est touchée, mais toute la société, privée d’informations fiables pour comprendre et juger les actes du pouvoir.

Être journaliste n’est pas un crime. C’est une mission, une responsabilité envers le peuple, une passion. La Guinée doit choisir : protéger ses reporters comme le veut toute démocratie, ou continuer à les traquer, au risque de sombrer dans l’ombre où seules les rumeurs et la propagande prospèrent.

Aujourd’hui, plus que jamais, il est urgent de rappeler que tuer l’information, c’est tuer la vérité.

Mais comme nous sommes tous devenus des observateurs, je prends mon café et j’observe le débat !

Olladi Ibrahim,

Journaliste.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

× Comment puis-je vous aider ?