Mali : le chef de la junte Assimi Goïta devient également ministre de la Défense
Près de dix jours après le décès du ministre Sadio Camara dans un attentat suicide lors d’attaques sans précédent menées par une alliance de séparatistes et de jihadistes, les autorités maliennes ont annoncé lundi que le chef de la junte, Assimi Goïta, allait cumuler ses fonctions de président avec celles de ministre de la Défense.
Le chef de la junte au Mali, Assimi Goïta, va cumuler ses fonctions de président avec celles de ministre de la Défense en remplacement de Sadio Camara, tué le 25 avril lors d’attaques sans précédent de jihadistes et de rebelles touareg contre le régime militaire, selon un décret lu lundi 4 mai sur la télévision publique ORTM.
Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l’incertitude et à la fébrilité après ces attaques lors desquelles le général Camara, un des piliers de la junte, est mort. Le président Goïta « assure les fonctions de ministre de la Défense et des Anciens combattants », selon ce décret publié neuf jours après le décès de Sadio Camara.
Ces attaques ont été menées par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, affilié à Al-Qaïda) avec des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement indépendantiste à dominante touareg, contre plusieurs positions de la junte au pouvoir depuis 2020 dans plusieurs villes, dont la capitale, Bamako, et sa voisine, Kati, fief de la junte, mais aussi à Kidal (nord), bastion des rebelles touareg, Sévaré (centre) et Gao (nord).
Secondé par un ex-chef d’état-major
Le président Goïta « assure les fonctions de ministre de la Défense et des Anciens combattants », selon le décret lu par un présentateur sur l’ORTM lundi, soit neuf jours après le décès du général Camara.
Il sera secondé dans cette nouvelle fonction par l’ex-chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra, nommé « ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens combattants », selon un décret distinct également lu sur l’ORTM.
Ancien chef de l’armée de terre sous le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta (2013-2020), le général Diarra avait été arrêté en même temps que plusieurs hauts gradés de l’armée lors du coup d’État ayant renversé le chef d’État en août 2020.
Il avait ensuite été nommé chef d’état-major des armées en septembre 2020 par les militaires arrivés au pouvoir quelques semaines plus tôt.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires et des indépendantistes.
Avec AFP
