Contre La sansure

Sommet de Nairobi : Paris cherche de nouveaux partenaires

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Le sommet Afrique-France, qui se veut très axé sur l’économie, se déroule pour la première fois dans un pays africain anglophone.

Le sommet Afrique-France, baptisé « Africa Forward” et pour lequel sont attendus une trentaine de chefs d’État et de gouvernement, se tient à partir de ce lundi à Nairobi, au Kenya.

L’accent est mis sur les affaires, avec un business forum ce lundi. Les grands absents seront les trois pays sahéliens, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, où l’arrivée de pouvoirs militaires a acté le divorce avec la France et le départ de son armée.

Ainsi, en Afrique, la France se repositionne. Comme le rappelle Ulf Laessing, de la Fondation allemande Konrad Adenauer au Mali : « la France a perdu beaucoup de prestige et d’influence dans les pays africains francophones, en particulier au Sahel”.

Pour l’expert, Paris veut « compenser la perte d’influence en Afrique francophone par plus d’influence dans les pays anglophones”.

Avec des bras tendus vers des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya, et le Nigeria.

Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, et son homologue kényan, William Ruto, ne manqueront donc pas d’afficher leur proximité en présidant ce sommet, dont les trois piliers seront la coopération sécuritaire, les investissements économiques et les énergies vertes.

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Recherche de stabilité 

William Ruto devrait aussi plaider pour un système financier mondial plus équitable, alors que nombre de pays en Afrique sont accablés par leur dette. La France s’est en effet engagée à soutenir cet appel.

« Après son retrait du Sahel, la France cherche à réorienter ses partenariats vers des relations plus diversifiées et économiques, principalement dans des régions à forte croissance comme l’Afrique de l’Est”, observe le Togolais Yves Ekoué Amaïzo, du Think Tank Afrocentricity, basé à Vienne.

Selon lui, la France cherche des opportunités d’investissement stables dans les domaines des infrastructures, de l’énergie – en particulier des énergies renouvelables – de l’économie numérique et de la logistique.

« Et aussi des projets liés au secteur privé, qui assurent un impact à long terme sans avoir à se fier aux aspects de sécurité”, ajoute Yves Ekoué Amaïzo.

Concurrence féroce en Afrique de l’Est 

La concurrence dans la région risque toutefois d’être féroce, selon Yves Ekoué Amaïzo. La France doit rivaliser avec des offres de financement alternatives de la Chine, de l’Inde, des Émirats arabes unis, du Qatar et de l’Arabie saoudite.

Pour le Kenya, d’après l’ambassadeur français à Nairobi, la France est le cinquième plus grand investisseur direct étranger dans le pays. Les échanges commerciaux, que le ministère kényan du Commerce estime à environ 300 millions de dollars, sont en croissance.

Le Kenya exporte des fruits, du café, du thé, des fleurs et des épices vers la France et importe, en retour, des produits pharmaceutiques et cosmétiques, des produits chimiques et des machines.

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L’Afrique de l’Est gagne de plus en plus d’influence géopolitique, souligne Yves Ekoué Amaïzo. « Paris signe de nouveaux partenariats de défense et d’investissement avec des pays comme le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie. Ce genre d’accords renforcent leur statut de pôles stratégiques entre l’Europe, l’océan Indien et l’ensemble du continent africain.” 

Pour l’économiste kényan James Shikwati, l’organisation du sommet à Nairobi n’est donc pas une surprise. Le Kenya souhaite s’allier plus étroitement aux grandes puissances mondiales. Pour lui, « le gouvernement français a peut-être estimé que la politique du Kenya lui offrait un meilleur point d’entrée vers l’Afrique, ici anglophone, qui n’a pas nécessairement une attitude hostile envers la France ».

Enfin, avec la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi, il existe au moins trois pays de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Est (EAC) qui sont majoritairement francophones.

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