Guinafnews
Votre pub ici 728

Quand la France refuse des visas

0

Cette « question suscite des débats de plus en plus vifs en Afrique » lance Afrique XXI. Après une enquête sur le business des frontières fermées, le journal en ligne raconte comment, suite à cela, il a été contacté par « des étudiants privés de rentrée universitaire ou des artistes invités par de grands festivals bloqués chez eux ».

Voyez Lamine S. Un Guinéen « admis en bachelor management et gestion des entreprises à Tours en France ». Mais pour venir, il faut un visa. Deux tentatives, deux échecs. A la première, « son père, un chef d’entreprise guinéen » bloque «10 800 euros à la Société générale de banques au Sénégal, l’établissement indique s’engager à virer irrévocablement 900 euros par mois à Lamine durant toute son année scalaire ».

Bien tenté, mais ce sera non. A la deuxième tentative, « son frère, également entrepreneur » verse « 9000 euros de plus sur le compte en banque personnel de Lamine ». Mais rien n’y fait, c’est toujours non. Pour seule justification, Lamine reçoit un seul courrier du consulat de France à Conakry disant qu’il y avait « des motifs sérieux » pour lui refuser ce visa permettant d’établir que vous séjournerez en France à d’autres fins que celles pour lesquelles vous demandez un visa pour études. »

Une histoire de refus qui rebondit aussi en Côte d’Ivoire

Souleymane, Ivoirien, reçoit comme Lamine une lettre de refus avec « le même motif » précise Afrique XXI. Et pourtant, sur le papier, jugez par vous-même : ingénieur diplômé de Polytechnique à Yamoussoukro ; admis « dans l’une des meilleures écoles de commerce de France afin de préparer un diplôme en transition énergétique ». Car c’est « un métier d’avenir » témoigne le jeune homme. Un avenir que lui barrent Campus France et son « prestataire privé VFS Global » à Abidjan. Son école de commerce va même à la chancellerie française. Aucune réponse. Résultat, Souleymane doit rembourser 20 000 euros de dettes après deux années d’études suivies à distance. Tout cela à cause de quoi ? De la « politique du soupçon » qui s’applique, rappelle le journal, à l’ensemble des Africains, « conférenciers ou militants de la société civile » qui « éprouvent […] les pires difficultés pour voyager en France ».

Les visas qui peuvent aussi être une arme entre la Russie et l’Europe

Au détour d’un reportage passionnant dans Le Monde sur la militarisation de la frontière européenne entre la Pologne et la Biélorussie, on y apprend que les « migrants ne transitent plus désormais par Minsk en Biélorussie mais par Moscou »« Il est clair que la Russie leur facilite la tâche. Les visas russes sont tous récents », assure l’une des porte-parole des gardes-frontière de la Podlachie, région limitrophe de l’enclave russe de Kaliningrad. « Ce qui est frappant, insiste cette même responsable polonaise, c’est le profil des migrants a radicalement changé. L’immense majorité vient d’Afrique subsaharienne et de pays jamais recensés : Nigéria, Soudan, Congo, Togo, Bénin, Madagascar, Côte d’Ivoire, Kenya, Érythrée ». La Russie, nous informe Le Monde, a ouvert début octobre l’aéroport de l’enclave aux vols internationaux. Moscou qui « continue de piloter cette effroyable industrie migratoire » avec ces migrants otages de « cette guerre hybride ».

Eux, c’est un visa pour la mort qu’ils ont obtenu

Libération se penche sur ces « travailleurs migrants du Qatar », plus précisément sur ces « morts par milliers ». Combien sont-ils à être décédés sur ces chantiers de la Coupe du Monde de football se demande Libé :  6751 décès d’après ce chiffre obtenu par le Guardian de Londres après une enquête qui fait référence ; 6751 décès de ressortissants venus d’Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et du Sri Lanka enregistrés dans les consulats de ces pays au Qatar. La cause du décès n’est pas connue, ajoute le quotidien français, mais « nombre de travailleurs morts étaient employés sur les chantiers de la Coupe du monde ». Car voilà, depuis le lancement il y a douze ans des travaux titanesques, l’émirat du Golfe a recruté à tour de bras. On compte « 700 000 migrants soit plus du double des citoyens qataris mais aussi 300 000 ressortissants du Bangladesh, du Népal et des Philippines, écrit Hala Kodmani. […]. Des travailleurs prêts à tout pour travailler au Qatar, qui s’endettent » pour payer des frais de recrutement, « et qu’ils vont mettre des années à rembourser » dénonce Human Rights Watch. Un piège bien orchestré qui broie les hommes, voilà ce qui est décrit dans Libération. La kafala, ce « système imposé au salarié » […] où « ses papiers d’identité sont confisqués à son arrivée » va finir de détruire ces hommes candidats à une vie meilleure mais qui n’ont gagné qu’un simple visa pour la mort

Les fantômes des stades du Qatar, un autre fantôme lui hante le département de l’Indre…

Vous vous souvenez peut-être de Jean-Claude Romand. Vingt-six ans passés derrière les barreaux pour le meurtre de sa femme, de ses enfants et de ses parents. Aujourd’hui en France est parti sur les traces du faux médecin de l’OMS immortalisé dans l’Adversaire, le livre à succès d’Emmanuel Carrère. À sa libération, direction l’abbaye de Fongombault dans l’Indre, habituée à cacher ceux qui veulent se faire oublier. Le journal précise que « dans les années 70, l’abbaye avait caché Paul Touvier, le milicien et criminel de guerre en cavale ». Pendant deux ans, Jean-Claude Romand va respecter à la lettre sa surveillance électronique. Et depuis ? Depuis, il vivrait « reclu » dans un coin de l’Indre. La procureure de Châteauroux disant de « l’imposteur » « le droit à l’oubli s’impose à lui ».

Par Mehdi MEDDEB, RFI

 

In. https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-francaise/20221029-a-la-une-quand-la-france-refuse-des-visas

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite

Politique de confidentialité et de cookies