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Aux Camarades Fonikè et Ibrahima, gloire et honneur, Mamadi Doumbouya reste le véritable prisonnier

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Je n’étais pas censé écrire cette lettre camarades. Vous savez que je suis conscient que ce n’est pas la prison qui ébranlera votre détermination ni votre soif de liberté, de justice pour le peuple martyr de Guinée. Je m’efforce à le faire pour qu’à travers vous, nos compatriotes trouvent par mes mots leur part de responsabilité dans notre quête de justice, de démocratie et de l’État de droit dans notre pays.

Aujourd’hui encore plus qu’hier, face à la tyrannie des armes, nous opposons l’argument des mots et des actions symboliques comme la grève de la faim que vous avez entamée il y a 7 jours. Cette lutte citoyenne, nous la menons au prix du sacrifice ultime, afin de rendre la justice et la dignité du peuple confisquées par un clan mafieux sans vergogne. Nous avons fait le serment et demeurons sur la même trajectoire depuis le 03 avril 2019.

Toi Fonikè Manguè, je me rappelle de tes mots, comme si c’était aujourd’hui : « On peut tuer le révolutionnaire, mais jamais la révolution ». Oui, je me rappelle bien cette phrase que tu me prononçais à chaque fois que nous tombions dans les bourbiers de la forêt. Tu me disais : « Oumou, c’est pour la République, c’est bien pour la patrie, aucun sacrifice n’est de trop ».

Ibrahima Diallo, tu ne cesses jamais de rappeler la responsabilité que nous avons vis-à-vis de nos compatriotes qui ont crû en nous depuis le début de nos actions citoyennes : « N’oubliez jamais que les actions que nous posons, c’est pour l’avenir. Il faut toujours capitaliser positivement tout ce qui arrive pour en faire une force pour la suite ». Donc, je suis conscient que cette épreuve sera capitalisée et ce combat sera gagné pour le peuple martyr de Guinée. Dans un avenir bien proche, le peuple de Guinée aura la possibilité de choisir les dirigeants de la base au sommet à travers des élections libres et transparentes. Car c’est à lui seul que revient ce pouvoir.

J’avoue que cela n’a pas été facile pour nous ces derniers temps. Mais nous avons éprouvé à chaque moment l’envie de continuer et d’écouter le maximum de personnes possible. Plusieurs autorités religieuses et coutumières, mais également, des organisations socioprofessionnelles dont la presse guinéenne sont témoins de notre volonté d’avoir une transition inclusive et pacifique pour un retour à l’ordre constitutionnel. Nous avons rencontré et dit à chacun ce que nous pensons de cette transition. Comme pendant les premières velléités de M. Alpha CONDÉ, nous avons alerté et interpellé. Ce qui est advenu a été les conséquences de son obstination.

Aujourd’hui, le colonel Mamadi Doumbouya et son CNRD sont conscients de ce que nous pensons profondément de la transition guinéenne. Ils ont conscience que la meilleure voie à suivre est celle du retour à l’ordre constitutionnel normal. Toutefois, ils ont décidé de faire fi de cette voie royale au profit de la décadence et de la tyrannie. Hélas !

Gloire et honneur à vous chers camarades, vous n’êtes pas prisonniers, le seul et véritable prisonnier reste le colonel Mamadi Doumbouya. Prisonnier de sa conscience. Prisonnier de l’histoire. Prisonnier des dérives de son régime. Car la prison reste un espace muré qui cache l’échec de la société. Le colonel Mamadi Doumbouya a décidé de faire de vous son prisonnier personnel, pour cacher les carences de sa gouvernance, le mensonge de son régime et le déni de ses promesses.

Chers amis et camarades de lutte citoyenne,

Cette lutte, nous la menons parce que nous avons prêté serment de servir la République, même au prix du sacrifice ultime pour défendre nos acquis démocratiques, pour le bien de la patrie. C’est pourquoi, malgré les intimidations, la clandestinité, les emprisonnements, rien ne peut ébranler notre détermination à continuer ce combat citoyen pour le bien de la République.

Chers camarades,

Je répète cette citation de l’artiste Jean-Louis Barrault qui rappelait aux opprimés la poursuite de la lutte pour la démocratie et la justice : « La dictature, c’est ferme ta gueule ; la démocratie, c’est cause toujours ». Et, voilà que nous apprenons à nos dépens que nous sommes en pleine dictature, pour avoir simplement demandé le respect de nos textes de loi et des conventions auxquelles notre pays a souscrit.

Chers compagnons,

À votre nom, je dis à la jeunesse guinéenne que le changement ne s’obtiendra que si chacun d’entre nous se sent redevable à notre pays, au nom de la stabilité, la justice et la paix pour nos pauvres populations. La bonne volonté de chacun d’entre nous doit être porteuse du salut, du bonheur et des nouvelles valeurs. Chacun de nous est obligé de sortir de son orgueil, de ses prétentions personnelles pour une symphonie collective pour le bonheur collectif. Notre nombre demeure notre force.

Seul pour la patrie, notre sang mérite de couler. Parce que malheureusement, nous avons des sangsues en face aujourd’hui. Battons-nous ensemble pour obtenir la justice, la paix et la liberté confisquées par cette junte militaire dirigée par Mamadi Doumbouya qui est en train de tuer les plus jeunes d’entre nous.


Le clandestin, Abdoulaye Oumou Sow,

Journaliste/Blogueur et Responsable de la Communication du FNDC

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