Contre La sansure

Bah Oury complique la Défense de Dadis Camara et cie

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Au procès des événements douloureux du 28 septembre 2009, Bah Oury, président de l’UDRG, a comparu en tant que partie civile. Au moment des faits, il était président de la Commission d’organisation de la manifestation. Son témoignage va compliquer la Défense de Dadis Camara et Cie. 

Un des principaux arguments de la Défense de Moussa Dadis Camara, ancien président de la transition (décembre 2008 à décembre 2009), a été de soutenir que « les organisateurs de la manifestation du 28 septembre 2009 sont les responsables politiques… que les viols (que certains d’entre eux reconnaissent à peine) et massacres n’auraient pas eu lieu, si les responsables politiques et leaders sociaux avaient fait reporter la manifestation prévue« .

Mais le long interrogatoire de l’Homme politique guinéen, qui lui a donné l’occasion de livrer un témoignage poignant durant trois (3) jours a convaincu de nombreux analystes sur le fait que, « Dadis Camara et ses camarades sont totalement responsables de ces crimes« , souligne l’un d’entre, qui ajoute : « devant ce tribunal, tous les membres du CNDD et du gouvernement et les principaux responsables des mouvements Dadis ou la mort devraient être présents,  parce que chacun a une part des responsabilités. Tout ce monde a poussé Dadis à forcer la situation... Ce sont des gens comme eux qui sont autour De Doumbouya et son CNRD« .

Répondant aux questions de la partie civile, Bah Oury a notamment dit : « nous avons organisé une manifestation pacifique, d’autres ont organisé un massacre« , et fait comprendre, en larmes, que « le 28 septembre 1958, c’était la volonté du peuple de Guinée d’opter pour le Non en réclamant l’indépendance. Donc, le fait que cette date est devenue symbolique pour la Guinée, c’est parce que la très grande majorité de guinéens ont dit Non à la France. Nous, nous n’avions pas les moyens d’organiser un référendum avec des bulletins de vote ; mais l’organisation d’un vaste rassemblement était une autre forme de référendum pour dire que nous sommes contre la dictature et nous voulons la démocratie« .

Debout durant toute ses comparutions, malgré ses 60 années bien entamées, le leader de l’UDRG, est resté constant et imperturbable face aux avocats de la Défense. Et de l’avis d’un analystes, « ses réponses précises pourraient même compliquer la Défense de Dadis et Cie. Reste à savoir si le tribunal va satisfaire la demande des parties qui souhaitent la comparution de tous les membres du CNDD et de son gouvernement… Les Komara, Papa Koly, Mathurin et tant d’autres doivent dire pourquoi ils ont laissé faire et n’ont pas voulu dénoncer et démissionner comme l’a fait Abdourahamane Sano, ancien coordinateur du FNDC, qui était ministre de l’Agriculture au moment des faits. Lui a mis sa vie et celles des membres de sa famille en danger pour dénoncer et démissionner… « .

Mamadou Alpha BAH

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