Cameroun : l’arrivée de Léon XIV ravive l’espoir de paix
Le pape Léon XIV a atterri peu avant 14 heures GMT à l’aéroport de Yaoundé, en provenance d’Algérie. À son arrivée, la capitale camerounaise est en pleine effervescence.
Devant la basilique Marie-Reine-des-Apôtres de Mvolyé, une foule nombreuse de fidèles s’est rassemblée pour apercevoir le souverain pontife.
“C’est quelque chose de formidable pour moi, et je crois que c’est le cas pour tous les catholiques.”
“Ce n’est pas chaque jour qu’on accueille un envoyé de Dieu. Nous sommes dans la joie, le Cameroun est béni.”
Entre accueil chaleureux et vigilance
Dans plusieurs quartiers de la ville, banderoles et drapeaux flottent déjà depuis plusieurs jours, témoignant de l’enthousiasme suscité par cette visite.
Mais cette ferveur populaire a aussi son revers. Pour des raisons de sécurité, plusieurs axes routiers ont été fermés, la présence des forces de l’ordre renforcée, perturbant le quotidien de nombreux habitants – comme Yannick Rostand Ngue, taximan :
“Déjà pour ce premier jour, avant même son arrivée, on a comme l’impression que nous sommes samedi. La circulation n’est pas aussi intense que les autres jours. Ça va être très compliqué. On a dit que, pour aujourd’hui, entre 14 h et 20 h, les routes seront barrées”, dit Yannick.

Léon XIV attendu sur des sujets brûlants
Au-delà de l’enthousiasme et des contraintes logistiques, cette visite est aussi perçue comme une opportunité d’expression pour une partie de la société civile camerounaise. Plusieurs organisations et acteurs engagés appellent le pape à porter une attention particulière à certaines réalités du pays.
Au cœur de leurs préoccupations : la situation des personnes détenues de manière arbitraire, notamment dans le contexte des crises postélectorales et du conflit dans les régions anglophones.
Nzouabet Kweto, président de l’association Source de Vie, signataire de la déclaration :
“2 900 et quelques personnes sont encore en détention. Pour la majorité, elles sont en situation de pré-procès ou en détention provisoire. Vous imaginez qu’il y a des gens détenus depuis des années, dont on ne connaît toujours pas la décision. Nous sommes quand même à plus de 10 ans de la crise anglophone.”
Ces voix espèrent que la parole du souverain pontife pourra contribuer à attirer l’attention de la communauté internationale sur les différentes crises du pays et encourager des avancées en matière de droits humains.
