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CAN 2025 : Algérie ou Sénégal ou… la Guinée mal placée pour l’organiser

Le chef de la mission de la Confédération africaine de football (CAF) en séjour à Conakry depuis hier (mardi 30 août 2022) a rencontré différents acteurs chargés de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Une mission qui est venue se rendre compte de l’évolution des préparatifs de ce grand rendez-vous du football africain, de plus en plus de dimension mondiale.

Par la faute de l’ancien régime de l’ex président Alpha Condé (renversé par le coup d’état du 5 septembre 2021) alors plus préoccupé par des affaires de politique politicienne et une gestion népotique, notamment dans les secteurs des mines, la Guinée, une des puissances du football africain dans les années 60 et 70, n’a pas vu venir la CAN qu’elle a été chargée d’organiser, initialement pour janvier et février 2023, finalement reportée pour deux autres années, afin qu’elle se tienne en 2025.

L’arrivée des militaires du CNRD risque de tout compliquer, car le pays court de gros risques de sanctions de la communauté internationale si la médiation de la CEDEAO échoue. Et malheureusement, rien ne dit que Colonel Doumbouya et ses camarades sont prêts à accepter le retour normal à l’ordre constitutionnel. Ils n’écoutent que des acteurs sociopolitiques mineurs, qui les encouragent à faire durer la transition le plus longtemps possible, en menant une guerre sans fin aux poids lourds politiques et de la société civile.

Mise à l’écart de Souaré

Pour un des nombreux observateurs qui suivent ce dossier, « la mise à l’écart de M. Mamadou ‘Antonio’ Souaré, par des luttes de clans au niveau de la Fédération guinéenne de football, transportée jusqu’au niveau de la Fifa, sans compter qu’ils ont impliqué le président Alpha Condé dans ces mesquineries, a faussé tout le processus. La mission de la CAF intervient au moment où le CONOR, qui gère le football guinéen est en crise… bref, on est mal parti pour organiser la CAN 2025. Et pour nous calmer, ils vont proposer la suivante, en 2027 ou l’autre d’après, si la situation politique, le retour à l’ordre constitutionnel est acquis. Mais pas avant, il y a trop de candidat comme l’Algérie et le Sénégal ».  

Pour le ministre des Sports, Lansana Béavogui Diallo, prononçant son discours à la rencontre de la délégation de la CAF, « la CAN 2025 est une dimension extraordinaire pour notre pays. Et donc, on doit en faire une priorité. C’est pourquoi, le président de la transition, le colonel Mamadi Doumbouya a fait de l’organisation de la CAN un levier de la transition, aujourd’hui, en disant que si on réussit à organiser cette CAN, on aurait réussi la transition. Je voulais passer ce message à la délégation de la CAF qui est ici aujourd’hui. C’est vrai que le défi est colossal, mais il faut que nous réussissons à le relever . Et pour le révéler, il faut le soutien et l’accompagnement de nos confrères Africains« .

De l’avis d’un commentateur, « si la transition était inclusive avec un gouvernement d’Union nationale, un CNT équilibré, la Guinée aurait pu espérer organiser la CAN 2025 ou celle de 2027. Mais, rendons-nous à l’évidence : sous embargo, aucun pays ne peut avoir le mandat d’organiser une compétition. La Russie a été exclue  de toutes les compétitions de la FIFA pour sa guerre en Ukraine. Croyez-vous que des pays qui veulent sanctionner les coups d’État ne vont pas  recommander l’affectation de l’organisation de la CAN 2025 à un autre pays ? Ce qu’il y a à construire est important et notre Guinée n’aura pas les moyens à cet effet ».

Quand le chef de la mission de la CAF déclare : « nous allons essayer de voir comment trouver des solutions pour aider la Guinée. Nous ne sommes pas venus pour retirer l’organisation à la Guinée, nous sommes venus pour voir si la Guinée a des propositions pour convaincre la CAF à lui faire toujours confiance pour l’organisation de cette CAN 2025… », il faut comprendre ce langage diplomatique et se préparer à accepter que l’organisation de cette CAN sera confiée à un autre pays. Le Sénégal va-t-il organiser la CAN 2025, en faisant de Conakry une poule qualificative, qui pourrait accueillir un quart de finale et une demi-finale ?

 

Mamadou Alpha BAH (collaboration I. S. BALDÉ)

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