Contre La sansure

«Ce que nous vivons aujourd’hui au Sénégal dépasse les limites du tolérable»

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« ​La République n’est pas un gâteau. Le paysage politique sénégalais offre depuis peu un spectacle d’une acrobatie morale saisissante. Depuis le limogeage théâtral d’Ousmane Sonko et de son premier cercle de ministres, les théoriciens de Pastef tentent d’imposer à l’opinion un récit binaire aussi grotesque que fallacieux : d’un côté, les « traîtres » qui ont accepté de rester au gouvernement, tout en célébrant comme des « héros » leurs Directeurs Généraux et PCA qui s’agrippent désespérément à leurs privilèges. » Le constat est d’une ancienne députée, Maïmouna Sène, membre de l’Alliance pour la République.

À travers une déclaration intitulée : « Mon droit de vérité sur l’imposture Pastef », elle considère que « ce double discours est une insulte à l’intelligence des Sénégalais ». Pour elle, « cette rupture sélective est une imposture morale. » Aussi de souligner : « si la rupture était une affaire de principes et de dignité, elle serait totale. Elle s’appliquerait du sommet à la base. » En vérité, remarque l’ancien parlementaire, « nous faisons face à un partage des rôles cynique : le leader démissionne pour se laver les mains du bilan vide et jouer les victimes face aux électeurs, tandis que ses lieutenants restent dans les directions pour puiser dans les caisses de l’État et financer leur future machine de guerre électorale. »

​Ce qui scandalise le plus Maïmouna Sène, c’est, dit-elle, « l’argument brandi sans aucune pudeur par les partisans de ce parti pour justifier le maintien de leurs cadres dans les directions

​ générales, ce qui est, à mes yeux, un aveu de culpabilité gravissime : il faudrait rester pour « recruter » et « sécuriser » un maximum de militants avant de dégager. » Aussi de se demander : depuis quand les entreprises publiques et les agences nationales sont-elles devenues des agences d’intérim ou des caisses de solidarité pour les militants d’un clan ?

Selon elle, « cet argument n’est pas l’expression de la fidélité, c’est l’aveu flagrant d’un népotisme d’État que ces mêmes personnes prétendaient combattre. » Et d’ajouter : « le comble du cynisme vient d’être atteint avec le coup de théâtre des vice-présidents de l’Assemblée nationale, qui viennent d’annoncer leur démission simultanée. »

Mme Sène pense que derrière les formules polies de leurs communiqués, la réalité politique saute aux yeux de chaque Sénégalais : on pousse les pions d’hier vers la sortie pour faire de la place aux nouveaux mécontents, pour distribuer les parts du gâteau républicain à ceux qui réclament leur récompense. Pour elle, cette gestion à la petite semaine montre à quel point ces dirigeants ignorent la solennité des charges de l’État.

L’ancien députée d’indiquer : « on ne démissionne pas d’un poste stratégique du Bureau de l’Assemblée nationale pour de simples « convenances politiques » internes à un parti ; on y reste pour servir la Nation. Traiter les fonctions de souveraineté comme des strapontins interchangeables est la preuve flagrante d’une absence totale de culture de l’État et d’un manque de respect flagrant pour nos institutions. »

Aussi de poursuivre : « la coupe est pleine. Ce que nous vivons aujourd’hui au Sénégal dépasse les limites du tolérable. Du perchoir de l’Assemblée nationale aux directions de nos structures publiques, Pastef fait tomber les masques et dévoile son vrai visage : celui d’un clan pour qui la République n’est plus un sanctuaire à servir, mais un gâteau à partager. »

En tant que femme politique de l’opposition républicaine, Mme Sène rappelle « avoir le devoir de nommer les choses par leur nom : nous ne faisons pas face à un acte de résistance, mais à une entreprise de pillage et de colonisation de l’appareil d’État. On ne bâtit pas un pays sur le népotisme, le forcing et le mépris des textes. Le Sénégal appartient à tous les Sénégalais, et non à un clan qui confond l’intérêt national avec son plan de carrière. »

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