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Cellou Dalein Diallo et les transhumants politiques

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L’étape berlinoise de la récente tournée européenne de Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, du samedi 03 septembre 2022, a été l’occasion pour une militante de l’interroger sur le phénomène de la transhumance politique en Guinée.
Plus prosaïquement, la jeune femme voulait savoir ce que pense Cellou Dalein Diallo des politiques qui se servent de l’UFDG pour se faire une notoriété avant de se jeter dans les bras du pouvoir à la moindre occasion.
Pour qui connait les récentes postures, voire les attitudes carrément déloyales de certains proches collaborateurs de l’homme, sa réponse devait naturellement être à la hauteur de l’amertume et du sentiment de trahison que pareils agissements peuvent inspirer à quiconque. Mais à la grande surprise de l’assemblée, Cellou Dalein Diallo est resté pédagogue en opérant une certaine distance entre sa personne et un phénomène qu’il a qualifié d’inhérent à la vie politique, qu’il s’agisse de la Guinée ou d’ailleurs.
Sans aborder les exemples récents de coups bas d’anciens collaborateurs qui avaient juré fidélité au parti et à son président, dont certains étaient devenus de véritables références de crédibilité au sein du parti, Cellou Dalein Diallo a rangé la volatilité politique dans la catégorie des choses relevant de la nature insaisissable de l’être humain. Pour lui, le phénomène a toujours existé et continuera d’exister, mais le plus important est de « tenir le cap et de ne pas perdre de vue que c’est l’intérêt général qui doit demeurer la préoccupation de chacun, plutôt que les considérations personnelles.
La réponse du président de l’UFDG n’aurait pas été complète sans son allusion à des souvenirs politiques dont l’évocation a été ressentie par l’assemblée comme un mea-culpa à l’adresse de ses militants. Il a en effet évoqué, non sans un certain regret perceptible, le fait que le parti avait dû écarter certains de ses cadres de la liste des candidats aux législatives de 2013, pour présenter des alliés à des places éligibles. L’histoire retiendra qu’au moins deux de ces alliés circonstanciels de l’UFDG s’étaient ensuite illustrés par des « retournements de veste spectaculaires » en faveur du pouvoir et, hélas, l’expression de leur part d’une hostilité assumée vis-à-vis du parti qui les avait fait élire sur ses listes.

Cellou Dalein Diallo, à gauche, a écarté certains de ses cadres de la liste des candidats aux législatives de 2013, pour présenter des alliés (Mouctar Diallo et Aboubacar Sylla) à des places éligibles.

C’est pourtant avec philosophie que Cellou Dalein Diallo a semblé expliquer la défection de certains cadres du parti qui s’étaient estimés lésés par l’ouverture de la liste des législatives aux alliés de circonstance. Forts de leurs prétextes, ceux-ci avaient rejoint le pouvoir d’Alpha Condé qui était naturellement aux aguets pour dépouiller l’UFDG de tout ce qu’il comptait de politiciens en vue. Les omis de la liste s’étaient logiquement consolés en obtenant des postes de ministre du RPG Arc-en-Ciel aux côtés de ceux que l’UFDG avait fait élire à leurs places.
Ces considérations historiques commandent de s’interroger également sur le ressenti de Cellou Dalein Diallo face aux agissements de tous ces gens qui, naguère ses proches collaborateurs, estampillés aujourd’hui fer de lance du pouvoir de Transition du CNRD ouvertement hostile à l’UFDG et à son président.
On se souviendra de l’affaire dite du domicile de Cellou Dalein Diallo où Ousmane Gaoual Diallo, son ancien conseiller politique devenu ministre de l’habitat du régime putschiste, a joué un rôle central, faute d’avoir été déterminant, ayant conduit à son déguerpissement, puis à la démolition de son domicile dont le sort était encore pendant devant la justice.
En raison du phénomène dit des transhumances ou des défections politiques, Cellou Dalein Diallo a certainement dû essayer d’expliquer la posture déconcertante de son ancien collaborateur au nom, sans doute, de l’intérêt général, mais le comportement résolument désinvolte de celui-ci à son égard a dû le blesser en tant qu’homme et en tant qu’ami.
Mais de trahison, n’en parlez même pas à Cellou Dalein Diallo, parce que des défections il en a tellement connues, des retournements de vestes et autres infidélités à la parole donnée, il en a tellement subis qu’on pourrait se demander si pareils agissements ne contribuent pas plutôt à renforcer sa conviction en la nécessité d’une lutte sans fioritures et à asseoir sa légendaire sérénité à toute épreuve.
Certes, nul ne saurait se défendre contre la trahison, dit-on, mais pour avoir vu quelques hommes et femmes, apparemment des plus honorables, céder à la facilité d’une proposition alléchante, renoncer à la parole donnée ou encore susciter la confiance des militants avant de s’en détourner, Cellou Dalein Diallo connait ces hommes et femmes là au point que rien de leurs pratiques déloyales n’est parvenu à ce jour à ébranler sa crédibilité ou à entamer sa réputation.
Ceux qui quittent l’UFDG et son président multiplient les motifs, à tort ou à raison, pour justifier leurs nouvelles positions sur la scène politique nationale. D’aucuns ont quitté le navire UFDG sur la pointe des pieds sans devoir se justifier, mais leurs défections semblent acceptées par les instances du parti et ses militants. Quant à Cellou, il met un point d’honneur à ne jamais juger personne si ce n’est espérer que chacun ait un jour ou l’autre l’occasion de se présenter devant le tribunal de sa propre conscience.
Cellou Dalein Diallo, dans ses discussions les plus récentes, n’évoque nullement ceux qui lui ont tourné le dos, si ce n’est, au besoin, leur souhaiter bonne chance puisque ni l’UFDG, ni lui ne peuvent prétendre détenir la vérité en tout temps et en tout lieu. Même si l’on ignore avec quelle intensité les coups de poignard dans le dos sans cesse répétés à son encontre peuvent affecter Cellou Dalein Diallo, il n’est pas impossible que son attitude d’homme d’état, capable de prendre sur lui sans se plaindre et sans se laisser compromettre par la rancune, s’explique par une discipline personnelle et une éducation qui l’obligent à l’exemplarité. Ne dit-on pas que Cellou Dalein c’est beaucoup de discipline, beaucoup d’éducation et un sens élevé des responsabilités ?
Combien sont ces hommes et femmes politiques qui ont serré la main de Cellou Dalein Diallo, qui l’ont regardé dans les yeux et lui ont promis, dans la foulée, fidélité et loyauté, amitié et fraternité, mais qui ont quand même sauté sur la première occasion alléchante de lui faire regretter d’avoir misé sur eux ? Il sont nombreux et, heureusement, leurs manœuvres ne constituent en réalité que des occasions inespérées pour le projet UFDG de s’affranchir assurément de ses aspérités.
La force d’attraction du pouvoir est un vent qui peut déraciner les arbres les plus solides de la forêt politique guinéenne, et Cellou Dalein Diallo est capable de comprendre cela, mais pourquoi n’aurait-il pas le droit d’espérer que les séparations soient plus franchement menées, que les attitudes soient plus élégantes ?
En définitive, on peut conclure que Cellou Dalein Diallo qui n’est heureusement pas un homme seul, n’a pas la prétention de mettre fin à la transhumance politique dont son parti est parfois bénéficiaire. Il prend néanmoins la précaution de distinguer la simple défection de la trahison qui perd et compromet définitivement les hommes sans conviction devant la dynamique de l’histoire du pays.
Heureusement que Cellou Dalein Diallo reste étranger à tout sentiment de haine et de rancune, cela par prédisposition, pour continuer à mieux se concentrer sur sa vocation et son ambition d’être au service de tous les Guinéens.

Titi Sidibé

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