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Doumbouya un soldat de la liberté ? Non…

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Un des doyens de la presse guinéenne, Alhassane Tangué Bah, vient de publier un livre de de 109 pages intitulé ‘’Colonel Mamadi Doumbouya le soldat de la liberté’’, édité par Net Impress. Le chef de la junte guinéenne est-il vraiment un soldat de la liberté depuis qu’il a fini de s’installer dans un fauteuil que certains estiment … éjectable ?

C’est à la Maison de la presse qu’il a présenté son ouvrage. Pour lui, il a « été inspiré par le sacrifice, le courage et le patriotisme du président colonel Mamadi Doumbouya. Je pense que c’est un patriote qui a vraiment réussi à libérer le pays. On vivait dans une situation très difficile ici, c’est pourquoi il faut vraiment louer ce qu’il a fait le 5 septembre. C’est vraiment un homme de courage, qu’il faut encourager et saluer… »

Pour ce doyen de la presse guinéenne, ancien responsable du service de Communication de la CÉNI, « le bilan, depuis son arrivée, est énorme, il a fait assez de choses. Nous avons désormais un grand hôpital à Donka, nous avons pu achever cette route Coyah-Kindia-Mamou. Ça fait plus de 3 ou 4 qu’on était pas parvenu à achever cette route. On est en train de faire assez de choses, on a assaini la fonction publique aussi, où il y avait des gens qui refusaient d’aller à la retraite. Nous pensons qu’après les 3 ans, il y aura une nouvelle classe politique en Guinée, qui sera débarrassée du démon ethnocentrique, régionaliste. On espère qu’on aura un président qui se mettra au travail. La Guinée est en retard sur le plan économique. (…). Après les 36 mois, nous prions Dieu d’avoir les meilleurs politiciens pour que la Guinée puisse décoller économiquement».

 

De l’avis d’un analyste politique, « ce doyen ne devrait pas soutenir ces arguments. Ces routes, l’hôpital Donka, et tout ce que ces militaires sont en train de mettre sur leur bilan sont des projets du dictateur Alpha Condé. Peut-être même que leur niveau de réalisation aurait été meilleur s’il n’y avait eu ce coup d’État. M. Tangué Bah est vraiment passé à côté. La crise qui frappe la Guinée est davantage endogène, c’est-à-dire que la gestion de la transition est une des principales causes ».

Les faits contredisent le contenu de son livre.

Allant dans le même sens, un commentateur trouve que « ce livre ne sera pas une référence sur l’histoire guinéenne car, si les Forces spéciales du Colonel Doumbouya ont certes renversé le régime népotique et ethno-régionaliste d’Alpha Condé, elles font pire. Le doyen a ses raisons de faire ces analyses, mais les faits contredisent le contenu de son livre. Aujourd’hui, le pouvoir d’achat des guinéens a fortement baissé ; les libertés sont confisquées, la répression des peuls est forte dans les quartiers où ils sont majoritaires, notamment dans la commune de Ratoma ».

Alhassane Tangué Bah fait-il partie de ces mains noires qui conseillent le CNRD ? Pour un autre commentateur, « on peut le dire car, lui aussi parle des 36 mois alors que la communauté internationale recommande 24 mois. Ce qui est très faisable et donc suffisant pour organiser des élections au lieu de remplacer des administrateurs civils par des militaires pour gérer en qualité de Préfets, sous-préfets, gouverneurs nos cités. En tout cas, notre doyen Tangué Bah, même si je n’ai pas lu son livre, est passé à côté. Doumbouya n’est pas un Amadou Toumany Touré (ATT), qui a renversé le Général Moussa Traoré au Mali. Il n’est pas un Jerry Rawlings… il n’est même pas un Lansana Conté. Il avait la possibilité d’être un véritable libérateur s’il s’était engagé sur la voie annoncée le 5 septembre 2021, quelques heures après avoir pris le pouvoir ».

 

Mamadou S. Fadi DIALLO 

 

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