Contre La sansure

Entre polarisation politique et exigence de lucidité en Guinée: « Pourquoi attendre que l’instant devienne souvenir pour enfin l’apprécier?»

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En Guinée comme ailleurs en Afrique, le discours dominant sur l’écosystème politique et économique reste largement marqué par une tonalité négative. Pourtant, au-delà des critiques nécessaires, il existe aussi des dynamiques positives qui méritent d’être reconnues. Réduire la réalité à ses échecs revient à occulter une partie essentielle du tableau.

Dans le même temps, plusieurs observateurs notent l’existence, au sein de la classe politique guinéenne, de groupes fonctionnant selon des logiques de faction. Ces derniers sont régulièrement accusés d’entretenir une forme de dépendance politique, en mobilisant les populations autour de récits simplifiés, parfois au détriment d’un véritable débat de fond.

Le climat politique se caractérise également par une forte polarisation. Les débats publics, souvent dominés par des oppositions frontales, peinent à intégrer la nuance. Cette tendance favorise une lecture binaire des enjeux : il faudrait être « pour » ou « contre », sans aucune nuance possible.

Ils font du manichéisme de mauvais aloi qui ne permet plus la contradiction, la nuance, les critiques.

Une telle dynamique complique l’analyse des situations complexes et limite la qualité du débat démocratique.

Cette division s’exprime par une catégorisation réductrice de la société, opposant les « bons » aux « mauvais ». Si cette simplification peut apparaître efficace sur le plan politique, elle contribue aussi à fragiliser la capacité collective à appréhender la complexité des enjeux nationaux.

Dans ce contexte, une partie de la population tente tout de même de maintenir une posture indépendante. Refusant les logiques d’alignement systématique, ces voix plaident pour une approche critique, fondée sur l’analyse plutôt que sur l’adhésion partisane.

Toutefois, elles restent minoritaires et peu audibles dans un environnement marqué par la surenchère politique.

Par ailleurs, les critiques adressées à la classe politique convergent souvent vers un même constat : la compétition actuelle ne porterait pas prioritairement sur des projets de transformation, mais sur le contrôle de l’appareil d’État et de ses ressources. Cette perception alimente une défiance croissante envers les acteurs politiques, accusés de privilégier des intérêts particuliers au détriment du bien commun.

Face à ces dynamiques, certains citoyens revendiquent leur droit à une liberté de pensée totale. Ils refusent d’être instrumentalisés dans des stratégies politiques qu’ils jugent opportunistes, et affirment leur volonté de conserver une distance critique vis-à-vis de tous les camps.

Cette posture s’accompagne d’un rejet des formes de domination, qu’elles soient explicites ou plus insidieuses.

Qu’il s’agisse de rapports de force directs ou de mécanismes d’influence plus discrets, ces pratiques sont perçues comme des obstacles à la consolidation d’un cadre démocratique stable.

Enfin, au cœur de cette réflexion, une conviction demeure : les citoyens ne peuvent être réduits à de simples leviers au service d’ambitions politiques. La revendication d’une citoyenneté consciente et autonome apparaît ainsi comme une réponse à un système jugé verrouillé.

Dans ce paysage complexe, l’écriture devient un acte de positionnement. Un moyen de questionner, d’analyser et de témoigner, face à une réalité en constante évolution.

Et pour certains, cet engagement intellectuel se poursuivra sans relâche, jusqu’à épuisement des mots.

Par Aissatou Chérif Baldé-Diallo

https://african-panorama.com/

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