Contre La sansure

Guinée : L’ancien président Dadis Camara et deux de ses proches reconduits en prison après une tentative d’évasion

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Ce 4 novembre, les habitants de la commune de Kaloum, soit le QG de l’administration centrale guinéenne se sont réveillés sous le crépitement des armes. Un mouvement de troupes qui serait parti d’un groupe de jeunes militaires, « qui avaient à leur tête Very Pivi, le fils du Colonel Claude Pivi ».

Selon une source locale « [ces] événements ont commencé vers 1h du matin. Il semble qu’il y ait eu des morts côté forces spéciales. Mais que le groupe des assaillants a pris le contrôle ».

Une attaque qui a abouti à l’évasion de prison du capitaine Moussa Dadis Dadis ancien Président de la junte guinéenne en 2008, Colonel Claude Pivi dit Coplan, Commandant Blaise Goumou et le Colonel Moussa Thiegboro Camara, tous détenus dans le cadre des crimes perpétrés lors des manifestations politico-civiles de septembre 2008. Par contre, Me Sovogui a annoncé la reddition du Colonel Tiegboro.

Au petit matin de ce samedi, une source locale a indiqué qu’un médecin ait été tiré dans une ambulance et a rendu l’âme. Ces tirs mortels seraient consécutifs aux affrontements entre assaillants et loyalistes pour le contrôle du pont stratégique du 8 novembre.

Vers 9h, le Ministre de la Justice Charles Wright annonce dans une radio Fim Fm la reprise du colonel Moussa Thiegboro Camara et la localisation du capitaine Moussa Dadis Camara. Ainsi que la fermeture des frontières. Et une source juridique explique le déploiement des forces de défense et de sécurité pour la traque des fugitifs. Certains parlent du quartier Samatran dans la préfecture de Dubréka, tandis que d’autres soutiennent que cette surveillance se passait à Bentouraya situé dans les faubourgs de la préfecture de Coyah.

Dans l’après-midi, M. Yamoussa Conté le Procureur Général près de la Cour d’Appel de Conakry a signé des « instructions aux fins des enquêtes sur les faits, de détention illégale d’armes de guerre, d’association de malfaiteurs et complicité contre les nommés capitaine Moussa Dadis Camara, colonel Blaise Goumou, colonel Claude Pivi et colonel Moussa Thiegboro Camara et toutes autres personnes que l’enquête révélera ».

Puis commence la bataille de communication entre le Ministre Charles Wright et les avocats des fugitifs. Car si l’un soutient la thèse d’une attaque contre la maison centrale de Conakry, les autres avancent la version d’une prise en otage de leurs clients par un groupe armé d’assaillants.

Et par la suite le Chef d’État-Major Général des Armées, le Général de division Ibrahima Sory Bangoura vient à la rescousse du Ministre de l’Administration du Territoire M. Mory Condé qui déclarait que « la situation est sous contrôle » et annonce la mainmise sur certains membres du commando. Le communiqué de l’Armée dénonce « des individus armés [qui] ont semé le trouble à l’ordre public en prenant pour cible la maison centrale de Conakry et ont fait évader certains détenus liés aux évènements douloureux du 28 septembre 2009 ».

Selon l’État-Major de l’Armée « ces hors la loi ont fait face à une résistance farouche des forces de défense et de sécurité qui, grâce à leur action, ont réussi à stopper leur progression et à les contraindre à la fuite ». Ajoutant l’arrestation de certains et la traque des autres qui ont dû abandonner du matériel ainsi que des moyens de déplacement, dans leur fuite.

Et au Ministre de la Justice Wright se fendre d’un communiqué qui confirme que « les recherches aussitôt entreprises par les forces de défense et de sécurité ont permis de mettre en état d’arrestation certains fugitifs en la personne de colonel Moussa Thiegboro Camara, capitaine Moussa Dadis Camara et Blaise Goumou, lesquels ont été immédiatement reconduits à la maison centrale de Conakry, présentement placés sous haute sécurité ». Conséquemment une cellule de crise a été mise en place.

L’État-Major de l’Armée a annoncé pour finir l’arrestation du capitaine Dadis Camara et du colonel Thiégboro Camara ainsi que du colonel Blaise Goumou, trois des quatre fugitifs. Qui ont été reconduits dans leurs cellules de la Maison centrale de Conakry. Seul Claude Pivi serait pour le moment introuvable.

Pour un analyste « ces événements sont révélateurs d’un malaise profond et global tant au niveau de l’Armée (les garnisons) qu’au niveau des civils ».

De toutes les communications, aucune n’a fait publiquement état des tués pendant ces évènements malheureux. Des sources sécuritaires parlent de plusieurs morts sur le champ de bataille.

Par ailleurs, une source sécuritaire croit savoir que « la hantise d’un coup d’État continue d’habiter l’entourage du colonel Mamadi Doumbouya. Ce qui expliquerait la décision du Chef d’État-Major Général des Armées, du 30 octobre 2023, portant affectation des militaires ».

Cette décision a affecté des militaires du Groupement d’Intervention Rapide (GIR) au Groupement des Forces Spéciales (GFS) unité d’origine du colonel Mamadi Doumbouya. D’autres militaires, ont été mutés au camp militaire le plus proche de Conakry, la compagnie d’Infanterie de Coyah. Tout ceci est expliqué par un membre du corps militaire comme étant la résultante d’une peur qui habite perpétuellement le colonel Mamadi Doumbouya.

Une autre source craint que « les autorités de la transition ne puissent s’en servir pour opérer des purges internes et une justification de ses actes dans les prochains jours, en renforçant son assise (remaniement ministériel avec plus de militaires extrémistes entrant dans le gouvernement et dans l’administration du territoire) ».

Toujours est-il que la pression interne et externe va désormais augmenter. N’ayant pas de solutions, « la Junte voudra toujours utiliser la ruse, la force et la manipulation pour tenir la barque. Évidemment que cela ne tiendra pas pour longtemps ».

Pour cette source, il est possible que la junte ne soit pas satisfaite de l’attitude de la communauté internationale vis-à-vis du procès des évènements du 28 septembre. Elle s’attendait à plus de soutien financier et de publicité de prestige. Ce qui lui aurait donné une meilleure image et une caution de garder le pouvoir sous prétexte de son audace « d’avoir pu organiser un procès pour crimes contre l’humanité par les juridictions nationales ». Est-ce une façon de mettre la pression pour rediriger l’attention sur le procès et espérer ces résultats ? L’avenir proche le dira.

In. https://www.lepetitdepute.com/details-article/guinee-lancien-president-dadis-camara-et-deux-de-ses-proches-reconduits-en-prison-apres-une-tentative-devasion

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