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La Guinée est en danger !

La dernière chance pour ma génération. A nos frères et sœurs du CNRD, je vous écris pour vous mentir ou peut être vous dire la vérité.  Évidemment, plusieurs personnes qui ne lirons pas cette tribune dans son entièreté vont commenter sur les réseaux sociaux, certains vont même m’insulter à cause de mon patronyme.  Ceci mis à part, voici mon mensonge ou ma vérité. 

La Guinée est en danger ! Plusieurs individus qui rôdent toujours autour du pouvoir, à tout vent, et qui dansent pour chaque nouvelle classe dirigeante sont encore maîtres de l’arrière chambre de notre pays.  Quoique je supporte un dialogue inter-guinéen, je suis surpris, excusez le mot, étonné qu’une équipe (le CNRD) pense qu’elle peut aller jouer un match contre une autre équipe avec ses « propres arbitres ».

Rien contre nos sœurs qui ont été choisies par le Premier ministre et le CNRD. Cependant, d’autres représentants de la Guinée n’ont pas eu à faire une suggestion sur la composition de ce comité du dialogue.  Ceci est déjà un délit.  Un faux départ.  Un dialogue se fait entre deux entités, (j’y ajoute), qui ont des positions différentes sur une question.

Au lendemain du 5 septembre 2021, j’avais écrit que : « L’identification de nos problèmes doit être faite de manière sereine et sans démagogie.  L’objectif fondamental étant de tirer les leçons requises pour éviter de répéter les erreurs du passé.  Cet effort ne doit pas être une chasse aux sorcières. Le premier pas requiert que toutes nos classes, politiques, intellectuelles, civiles et religieuses s’expriment, de manière objective, pour dire que le changement, c’est maintenant ». Comme le disent nos frères et sœurs Malinkés : « Nous pouvons certainement bénéficier de la grâce divine sans sauter au ciel.  « Mo di Allah Yen Imi Djan » !

Aujourd’hui, un an après avoir écrit ce paragraphe, je suggère au CNRD d’inviter des personnes qui expriment une opinion contraire à la leur pour faire partir des arbitres. Cet effort consistera avant tout à demander au quatuor de désigner leurs représentants pour la commission en charge du dialogue. Nous avons plusieurs Guinéennes et Guinéens qui peuvent jouer un rôle essentiel dans ce processus unificateur pour notre bien-être commun.

Pour la première fois dans notre histoire, nous devons vraiment parler de notre avenir avec tous les groupes, économiques, sociaux, politiques, ensemble autour de la table. Nous devons donner à chacune de nos entités la chance de dire ce qu’elle pense, de faire des suggestions pour le chemin à suivre pour notre pays  et nous devons inviter ceux qui ont des avis contraires à faire entendre leurs voix. Les personnes qui expriment des « voix discordantes » sont aussi des Guinéennes et Guinéens.

Dans une relation basée sur l’utilisation de la force, le pouvoir qui en dérive est immoral, injuste, autocratique plutôt que démocratique. Tous nos dirigeants sérieux et responsables, (je souligne),  doivent éviter de participer à un dialogue qui exclut une partie de nos frères et sœurs.  Diviser pour régner n’a jamais porté fruit pour un pays ! Notre Guinée n’échappera pas à cette règle.

C’est notre dernière chance pour cette génération.

Pour une Guinée Unie et Prospère.

Prêt à servir, pas se servir.

Docteur Abdoulaye Bah

Professeur d’Université aux États Unis, Ret.
Ancien chef de Chaire du Département des Sciences Sociales et Comportementales
Directeur, Centre pour la santé Comportementale et la Résilience
Université de Lincoln
Jefferson City, Missouri USA
Columbia, MO USA

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