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« Le président Embaló a des solutions concrètes… ses homologues devraient l’appuyer »

Selon l’hebdomadaire ‘Jeune Afrique’, le président en exercice la CEDEAO, a demandé « au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres (…) au nom de tous les chefs d’État de la Cedeao, qu’aucun président ou membre d’un gouvernement de transition issu d’un coup d’État, ne puisse prendre la parole à la tribune de l’ONU ». 

Le journal panafricain informe que le Président Umaro Sissoco Embaló a écrit « le 17 octobre un courrier à Mamadi Doumbouya, avec copie aux partenaires internationaux de la Guinée – l’Union européenne et les États-Unis entre autres – afin de l’enjoindre à accepter le calendrier de la Cedeao, d’ici au 22 octobre, sous peine de sanctions ».

À Conakry, de nombreux commentateurs applaudissent cette recommandation du président bissau-guinéen surtout qui, selon Jeune Afrique, va empêcher «de sortie de territoire tous les membres du Comité national du rassemblement et du développement (CNRD), ainsi que ceux du gouvernement et du Conseil national de transition (CNT)« . L’un de ces commentateurs estime que « le président Embaló a des solutions concrètes… ses homologues devraient l’appuyer. Rappelez-vous lorsqu’il avait dit en sommet virtuel de la CEDEAO que les changements constitutionnels, comme celui organisé par Alpha Condé le 22 mars 2020, sont aussi des coups d’État. Espérons que cette mesure d’interdiction de voyager va frapper les membres du gouvernement du CNRD et du CNT, même s’ils utilisent des passeports d’autres pays car, certains d’entre eux sont des bi-nationaux« .

Boni Yayi est-il sur la même ligne que Embaló ?

Arrivé hier à Conakry, le médiateur de la CEDEAO a indiqué que « tout le monde se félicite de l’évolution des discussions. Je crois que l’espoir est permis. Il n’y a pas d’inquiétudes. La CEDEAO a vraiment décidé de faire en sorte que la paix règne en Guinée, que ce pays prenne son envol ». Cet optimisme du Médiateur n’est pas partagé par de nombreux acteurs politiques du quatuor (ANAD, CORED, FNDC-Politique et RPG AEC) « car, selon l’un d’entre eux, de notre point de vue, les choses ne bougent pas. Il est nécessaire que les parties soient identifiées pour dialoguer. Le CNRD et le gouvernement font semblant de vouloir dialoguer. Au lieu de créer cette facilitation, ils auraient dû nous consulter pour qu’ensemble nous proposions un cadre permanent et indépendant entre eux et nous. C’est-à-dire d’un côté le CNRD et ses alliés et de l’autre, nous et nos alliés. Toutes les forces devant se trouver dans l’un ou l’autre camp« .

Pour un commentateur, « il y a lieu de se demander si Boni Yayi est sur la même ligne que Embaló ? Il donne l’impression d’être l’avocat des autorités guinéennes. On ne sent pas de la fermeté de sa part. Regardez comment le Médiateur au Burkina, l’ex président Issoufou du Niger, a convaincu la junte à accepter un chronogramme de 24 mois, remise à jour la semaine dernière à 21 mois. Souhaitons qu’en ce qui concerne la Guinée, le président Boni Yayi ait sa méthode pour aller dans le même sens que le président en exercice la CEDEAO. Car ce que lui propose ne va vraiment pas toucher les populations, qui sont prises en otage par les autorités du pays. Quand il y a coup d’État, c’est ce qu’il faut appliquer en exigeant que les putschistes n’aient aucun poste« .

Brehim Ould MAHMOUD

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