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Faux pas interdit aux autorités guinéennes

Les chefs d’États de la CEDEAO ont finalement accepté de nommer un autre médiateur, en la personne de l’ancien président béninois (6 avril 2006 au 6 avril 2016), Thomas Yayi Boni, qui a fêté son soixante dixième anniversaire vendredi dernier 1 er juillet. C’était l’une des exigences de la junte du Colonel Mamadi Doumbouya, mais également de nombreux acteurs politiques guinéens qui ne souhaitaient pas l’arrivée de « M. Ibn Chambas, ami d’Alpha Condé, qui a été présent dans toutes ces médiations favorables au régime en place« .

Avec le rejet du délai des 36 mois auquel ils tenaient, mais rejeté par les Chefs d’États de la CEDEAO, et par l’effet de la subsidiarité, du reste de la communauté internationale, les membres du CNRD et leurs alliés ont sans doute passé une mauvaise nuit. Certes, de nouvelles sanctions n’ont pas été prises contre le régime ce, essentiellement en raison du fait que contrairement au Burkina et au Mali, un Médiateur n’a pas séjourné dans le pays pour aider à trouver des pistes de sortie de crise.

Selon un commentateur, « avec la nomination de Thomas Boni Yayi, les choses vont aller plus vite et, à partir de maintenant, taux pas est interdit aux autorités guinéennes. Le Mali et ses russes de Wagner ont compris qu’ils ne peuvent pas se passer de la CEDEAO, de l’Union africaine et des Nations-Unies, sans lesquels les aides économiques et financières sont indisponibles. Ils ont convenu d’un chronogramme révisé de 24 mois, alors que les putschistes voulaient six (6) années. Le Burkina n’a pas cherché à faire les durs. Il a accepté de réduire cette transition à 24 mois. En Guinée, cette transition pourrait durer de 16 à 20 mois supplémentaires. Les conseillers du CNRD l’ont poussé à adopter des positions hautaines, arrogantes et à Abuja, on considère que les réalités au Burkina et au Mali ne sont pas pareilles et qu’il faudrait moins de 24 mois pour un retour à l’ordre constitutionnel« .

La situation sociopolitique s’est dégradée depuis février. Les observateurs ont commencé à noter que le Conseil national de la Transition, qui fait office de parlement de transition, sélectionné par l’organe de direction du pays, le CNRD, « est une caisse de résonnance au service des autorités. Ils cherchent à éliminer les leaders politiques capables de gagner des élections libres et transparentes. Cas aussi de cette Cour de répressions des infractions économiques et financières (CRIEF) ou de la Commission de récupération des domaines et biens de l’Etat. Les victimes sont Cellou Dalein le plus populaire des leaders politiques, Sidya Touré et des cadres du RPG », souligne ce commentateur« .

Pour un cadre du G58, « nous espérons qu’avec l’arrivé du Médiateur de la CEDEAO, un canevas clair va être tracé et des parties prenantes identifiées. Il serait souhaitable que le CNRD et ses alliés politiques et forces vives soient d’un côté, ceux du G58, du RPG a-e-c et leurs forces sociales soient de l’autre. Que le groupe du G5 (CEDEAO, Nations-Unies, Union européenne, France et Etats-Unis) soit présent pour l’observation et que le Médiateur dirige les débats. Si cela est bien mené, en décembre 2023, la Guinée pourrait retourner sous la direction des personnes élues par les guinéens. Tout est possible lorsqu’on le veut. Ici, nous n’avons pas de rébellion armée, mais  nous avons les mains noires qui veulent faire confisquer le pouvoir par le CNRD« .

Face à cette nouvelle donne, Colonel Doumbouya va-t-il changer son équipe gouvernementale comme certains l’annoncent ?

Ibrahima Sory BALDÉ 

 

 

 

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