Contre La sansure

Le président Talon saura-t-il convaincre la junte guinéenne, mieux que le médiateur Boni Yayi ?

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Désigné par ses pairs mardi dernier 18 juillet 2023 lors du mini-sommet de la Cedeao, selon Dr. Oumar Alieu Touray, président de la commission de la CEDEAO, « pour renouer les contacts au plus haut niveau avec les autorités des trois pays en transition, la Guinée, le Mali et le Burkina Faso », le président béninois est attendu prochainement en Guinée.  

Commentant cette arrivée, Ousmane Gaoual Diallo, Ministre et Porte-parole du gouvernement a indiqué : « Patrice Talon sera le bienvenu. La Guinée est un pays qui a toujours souhaité la bienvenue à tous les africains, les chefs d’Etat en particulier. La Guinée est un acteur important de la stabilité sécuritaire. Je pense qu’il vient aussi pour discuter de ça. Parce que nous avons un contingent important dans les forces ouest-africaines qui sont présentes sur les théâtres de conflits. Je crois que c’est ce qui amène le président Patrice Talon« .

Rappelant que « la CEDEAO s’est engagée au début de la transition d’apporter son assistance financière et technique à la Guinée. Nous pensons que ceci va être couronné de succès, pour faire en sorte que la Guinée avance, et qu’on sorte aussi de la théorie« , Ousmane Gaoual Diallo, par ailleurs ministre des postes, des télécommunications et de l’économie numérique du gouvernement de transition  a souligné que « quand on s’engage à accompagner financièrement et techniquement, il ne faut pas dire toujours oui il faut avancer, il faut mettre la main dans la poche (…) Ça prendra du temps pour mobiliser ces ressources. Il faut aussi que l’espace sous-régional soit plus outillé, qu’on sorte un peu des exigences et des déclarations qui n’ont pas assez de conséquences sur les populations. Il faut avancer pour sortir l’appui technique nécessaire, l’appui financier indispensable, pour faire en sorte qu’on puisse évoluer ».

Sur cette question de financement, Bah Oury, leader de l’UDRG estime (*) que « lorsque quelqu’un veut financer quelque chose, il faut qu’il participe à l’élaboration soit du cahier de charge, soit à l’expression du besoin. Si on voit simplement un schéma global comme tel, avec des montants et des actions qui peuvent motivées autrement, il va de soit que ça ne va pas encourager. Donc la méthodologie de la mise en œuvre du programme et du budget pourrait nécessiter une plus grande préparation, une implication de la plupart des acteurs tant nationaux qu’internationaux, afin de convaincre tout le monde sur la sincérité du budget proposé« .

Les forces vives doivent changer de stratégie

De l’avis d’un commentateur, « le problème avec les autorités guinéennes, c’est qu’elles ne prennent pas au sérieux la détermination des dirigeants de la Cedeao d’en finir avec les régimes militaires. Normalement, elles devraient garder en mémoire que c’est elles qui ont proposé le chronogramme et les activités à réaliser. Nul ne leur a imposé cela, car la Cedeao leur a dit que c’est 24 mois et rien de plus. Sans compter que même la date de commencement c’est Colonel Doumbouya qui l’a décidé. Maintenant, il faut le CNRD et son gouvernement collaborent franchement et qu’ils comprennent que la France ne peut pas les aider à défier la communauté internationale« .

Poursuivant, ce commentateur suggère aux forces vives « de changer de stratégies. Comme la Cedeao, soutenue par les Nations-Unies, l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon et un peu la France, les partis politiques de ce groupe doivent comprendre que les manifestations doivent être mises de côté. À la place, il faudrait qu’ils fassent des suggestions concrètes, comme un chronogramme de 14 mois, devant commencer en octobre, vu que le CNRD et ses alliés ; proposer que la Constitution de 2010 soit toilettée et soumise au referendum, mettre à jour le fichier électoral tel que la Cedeao l’avait recommandé en février 2020, etc… comme cela, les lignes vont bouger« .

Mamadou Alpha BAH                                                                                    collaboration B. O. MAHMOUD

 

 

(*) https://www.africaguinee.com/bah-oury-ce-que-nous-attendons-du-president-patrice-talon/

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