Guinafnews

Les biens matériels dépassent-ils désormais les vies humaines ?

Cette question mérite d’être posée au regard du communiqué laconique du procureur général de la république rendu public hier dans les médias d’Etat. Le désormais très puissant procureur se donne le luxe de déplorer les dégâts matériels à l’occasion de la manifestation politique d’hier tout en ignorant volontairement les cas de morts et de blessés enregistrés .

Que dire donc de notre Institution judiciaire totalement inféodée à l’exécutif et qui continue malheureusement à servir les intérêts de la dictature et de l’oppression d’une junte désormais à la dérive? Elle est prompte à traquer les adversaires politiques du colonel Mamadi Doumbouya. Des adversaires qui dénoncent le mépris, l’arrogance et les défaillances de la gouvernance actuelle. Mais lorsqu’il s’agit de démasquer les auteurs des tueries à l’occasion des manifestations politiques, la justice du colonel reste silencieuse. Et comme pour n’argüer les victimes, la plupart des leaders d’opinions sont désormais placés soit sous mandat de dépôt, soit sous contrôle judiciaire.

Ils sont de plus en plus nombreux aujourd’hui les Guinéens qui ne font guère confiance à notre Institution judiciaire à cause de tous ces agissements qui constituent des violations graves des droits et libertés fondamentaux. Or, on n’arrivera jamais à construire la République, l’état de droit et la paix en institutionnalisant l’injustice.

Comment peut-on parler de dialogue et de paix quand des vies humaines sont injustement faussées, des innocents emprisonnés, des libertés et droits fondamentaux bafoué?

On ne saurait construire la paix sans une justice fiable, équitable et au service de la loi.

Cette Transition doit réussir et pour y parvenir, le CNRD et le gouvernement de Transition doivent continuer à apaiser, à rassurer et à rassembler les filles et fils de la Guinée que nous avons en partage malgré les vicissitudes de l’histoire.

Cette noble entreprise repose toutefois sur des préalables au nombre desquels il y a lieu de définir clairement les objectifs, une durée consensuelle de la transition mais surtout d’identifier, d’arrêter et de traduire en justice les auteurs, les complices et les commanditaires des crimes commis par certains de nos agents des forces de sécurité qui agissent le plus souvent en toute impunité depuis belle lurette. Il ne faut jamais perdre sa capacité d’indignation face à ces agissements qui ne font pas honneur à la Transition et aux principes d’un État de droit dont la Guinée ne devrait rester en marge à l’aube des grandes civilisations.

« Plus personne ne doit mourir pour rien » mon colonel, vous avez raison de l’affirmer pourvu d’en prendre toute la mesure. Il est donc temps d’agir vite pour traduire en actes concrets cette promesse du discours du 5 septembre 2021.

Ma compassion aux familles des victimes et à l’ensemble du peuple de Guinée. Puisse Allah pardonner nos erreurs et accepter nos repentances.

Souleymane ‘Souza’ KONATÉ

Conseiller Communication de Cellou Dalein Diallo

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