Guinafnews

L’ex président béninois Boni Yayi nommé Médiateur pour la Guinée

L’ancien président béninois, Thomas Boni Yayi, a été choisi par les chefs d’États ouest-africains pour assurer la médiation dans la crise guinéenne. Contrairement au Burkina Faso et au Mali, la Guinée ne fait pas face à une rébellion, mais elle cherche à se relever de onze années de dictature conduite par l’ex président, grâce à une complicité de la CEDEAO.

En Guinée, le CNRD du Colonel Doumbouya avait tout pour conduire une transition apaisée. La quasi totalité des forces vives du pays, avec en tête les principaux partis politiques et des acteurs de la société civile, notamment l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et le FNDC d’Oumar Sylla alias Foniké Manguè, avaient soutenu le renversement du régime d’Alpha Condé, auteur d’un coup d’État constitutionnel en mars 2020 et quelques mois après, le 18 octobre 2020, d’un hold-up électoral lors de l’élection présidentielle. Mais rapidement, des proches des putschistes les ont détournés de la voie de la ‘refondation et du rassemblement’, pour les entraîner dans une confiscation du pouvoir.

À Conakry, la médiation de l’ancien président béninois consistera, entre autres actions, à trouver des solution pour mettre fin à cette chasse aux sorcières pour que les prochaines élections soient libres, inclusives et pacifiques. Lors du sommet d’Accra de ce 3 juillet, selon M. Jean-Claude Kassi Brou, « les leaders ouest-africains ont par ailleurs rejeté dimanche les 36 mois de transition proposés par la junte guinéenne sans annoncer de nouvelles sanctions« . (1)

Ouverture, le 27 juin dernier, d’un ‘Cadre de concertation et de dialogue’ décrié à Conakry. Le Médiateur a des atouts pour trouver les solutions.

Le diplomate ghanéen est considéré comme « un bon connaisseur de toutes les crises qui secouent ce pays depuis la première transition, avec la nomination de Lansana Kouyaté comme premier ministre du gouvernement de consensus. Lors de l’élection controversée d’Alpha Condé en novembre 2010, il représentait la CEDEAO. Aux élections qui ont suivi, il était là en représentant du Secrétaire général de l’ONU. Comme la France, les Etats-Unis, l’Union européenne ont dénoncé les élections violentes et non démocratiques de mars et octobre 2020, il aurait dû le faire et ne pas participer à cautionner. Peut-être que c’est une des raisons de son remplacement par l’ONU. En tout cas, sa médiation n’était pas la bienvenue pas seulement pour les militaires, mais également pour de nombreux acteurs politiques. Espérons que ces changements d’aujourd’hui aussi bien pour la présidence en exercice, le président de la Commission que celle du Médiateur apporteront à la Guinée la paix et la réconciliation. Ici en Guinée, tous ceux qui ont été remplacés sont considérés comme des amis d’Alpha Condé« , soutient un analyste politique.

Ami de la famille des Gnassingbé (Eyadéma et Essozimna) depuis qu’il était gouverneur de la Banque ouest-africaine de développement dont le siège est à Lomé, cet ami de Faure Essozimna Gnassingbé saura se faire écouter à Conakry.

 

Brehim Ould MAHMOUD

(1) In. https://www.la-croix.com/Mali-Burkina-Guinee-Afrique-Ouest-penche-sanctions-2022-07-03-1301223157

(2). In. https://kasapafmonline.com/2022/07/dr-ibn-chambas-withdraws-as-ecowas-envoy-to-guinea/

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.