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Libéré par les législatives au Bénin, Yayi Boni va-t-il maintenant s’occuper de la crise en Guinée ?

L’ancien président béninois, Thomas Boni Yayi, nommé médiateur de la crise guinéenne en juillet 2022 par le sommet des Chefs d’États de la Cedeao, de l’avis de nombreux commentateurs, « était physiquement présent en Guinée les fois qu’il venait ici, mais il était davantage préoccupé par les législatives béninoises. Son parti est devenu la principale force politique de l’opposition. Il reste à savoir si maintenant, il va correctement gérer le cas guinéen« .

Pour un acteur politique, dont la formation fait partie du groupe des absents au Cadre de dialogue, « qui a été mal géré par M. Boni Yayi, et c’est peut-être la raison pour laquelle il n’est pas venu prendre part à sa conclusion. En tout cas, il y a lieu de constater que cette rencontre n’a pas été une pour rapprocher les parties. Lui Boni Yayi devrait comprendre que ce Cadre de dialogue n’a permis qu’à identifier deux principales parties qui doivent être mises face à face pour dialoguer. D’un côté ceux qui ont pris part au dialogue, qui sont de ce que l’on pourrait appeler le camp gouvernemental et les autres l’ANAD, le FNDC-Politique, le RPG AEC et leurs alliés sociaux et politiques ».

De l’avis d’un analyste politique, « Yayi Boni a rencontré plus la partie gouvernementale, y compris les fameuses facilitatrices qu’il est préférable d’appeler les complicatrices. C’est avec eux qu’il a conclut l’accord entre la Cedeao et la Guinée, en excluant les forces politiques réelles du pays. Même si ce sont des spécialistes de la Cedeao qui a aidé à rédiger le document, il fallait associer les acteurs sociaux et politiques réels. En tout cas, on ne sait pas comment la situation va évoluer après la rencontre à Bissau, entre le président en exercice de la Cedeao, Umaro Sissoco Embaló et la délégation des absents au Cadre de dialogue. Le Médiateur Boni Yayi donne l’impression qu’il fait ce que le gouvernement guinéen lui demande. Espérons que maintenant qu’il n’est plus préoccupé par la situation politique chez lui, au Bénin, il va prendre la question guinéenne au sérieux et ne pas se laisser dicter la vitesse et le contenu du chronogramme ».

Selon un diplomate en poste à Conakry, « il faut dire que le camp des trio et quatuor ne facilite pas les choses. Quand vous refusez d’assister aux rencontres, il ne nous sera pas facile de défendre vos positions. Il faut qu’ils viennent à ces rencontres et, comme ils l’avaient fait en juin dernier, avec le Cadre de concertation et de dialogue ouvert par l’ancien PM., M. Béavogui, se retirer en expliquant ce qui ne pas en indiquant ce qu’il faudrait faire pour que les choses aillent dans le bon sens. C’est sûr que les conclusions du Cadre de dialogue qui s’est tenu du 24 novembre au 20 décembre 2022 ne sont pas définitives, je l’espère, il faudrait maintenant que les absents fassent des propositions plutôt qu’ils ne posent des conditions. Nous, membres de la communauté internationale souhaitons que toutes les parties prennent part au dialogue… ».

Que vont faire les membres du groupe des absents au Cadre de dialogue, dont certains sont hostiles à toute cohabitation avec les autorités guinéennes, considérant cela comme une collaboration avec la dictature ? Le médiateur Yayi Boni va-t-il jouer son rôle d’arbitre ou celui d’un accompagnateur des autorités guinéennes ?

Mamadou Alpha BAH

 

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