Contre La sansure

Mali: la diplomatie des prisonniers de Kidal

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200 soldats maliens prisonniers à Kidal depuis plus d’un an. 82 ont été libérés le 13 août. Pour les récupérer, Bamako a dû reparler à ceux avec qui il avait coupé les ponts.

Comment ils ont été libérés ? On ne le dit pas clairement. C’est le bazar. On ne voit pas tous les médiateurs, on voit juste les résultats. Le notable touareg qui négocie un émir émirati contre 50 millions de dollars versés au Jnim. Un diplomate marocain qui aide pour l’otage français Yann Vezilier. Un président congolais, Sassou Nguesso, qui parle au FLA.

Bamako qui revendiquait la souveraineté totale a dû laisser d’autres pays négocier à sa place. Jusqu’à gracier un Français condamné à 20 ans par sa propre justice. Oublié aussi « la victoire totale » surtout avec la montée en puissance des groupes armés, le FLA, mais surtout le Jnim qui inquiète très sérieusement.

Moscou manœuvre pour ramener Alger, décidément incontournable ?

Au centre de ce bazar, il y a Alger. Alger, par ses réseaux, a toujours été celui qui parle aux Touaregs et au Jnim. Bamako avait rompu avec lui. Il est obligé d’y revenir.

Et les Maliens reviennent vers les Algériens parce que Moscou les pousse. Depuis la défaite de Tinzaouatène en juillet 2024, la Russie porte l’armée malienne. Lavrov l’a dit à Niamey : « Vos armées sont fébriles, la Russie aide dans la limite de ses moyens ». C’est l’aveu que Moscou craint de s’enliser. Pour Moscou, il n’y a que deux solutions : ramener la Cédéao et ramener Alger. Il faut Alger pour parler à la fois au FLA et au Jnim et aussi à une partie de l’opposition malienne.

Le Mali revient vers Alger par la petite porte des prisonniers. En attendant la réconciliation avec la Cédéao.

Pour Goïta, revenir vers Alger, c’est manger son totem

Il en mange trois plus précisément :

– Un : Il doit se rabibocher avec Alger qu’il accusait d’ingérence.

– Deux : il doit s’accommoder du Maroc, l’ennemi d’Alger, mais qui a aidé pour l’otage français. Il faut jongler entre deux rivaux qui se detestent.

– Trois : il doit laisser Sassou Nguesso, un homme, que les dirigeants de l’AES considèrent comme le dernier des Mohicans de la Françafrique, jouer les médiateurs pour le FLA.

Au nom de la souveraineté totale, Goïta pensait avoir le choix des interlocuteurs. Le voilà obligé de parler à tout le monde pour récupérer ses hommes.

Au Sahel, c’est la preuve de l’échec du tout militaire. Les médiateurs ont eu plus de résultats en quelques jours que les bombardements de drones depuis avril 2025. Sauf que maintenant la souveraineté est par terre.

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/le-regard-de-newton-ahmed-barry/20260822-

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