Contre La sansure

Mamadi Doumbouya, les forces de défense et de sécurité et la justice

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Lors de son passage le 21 septembre dernier à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le chef du CNRD a dénoncé un modèle de gouvernance selon lui « imposé » par l’Occident. Un modèle occidental qu’il estime être un échec sur le continent.

Cette déclaration avait été jugée très curieuse à l’époque venant de celui qui a pris le pouvoir par effraction un 05 septembre 2021 en prétextant justement un déficit démocratique.

En effet, une démocratie sans voix dissonantes est une démocratie factice. Petit à petit, Doumbouya s’est employé à faire de nos forces de défense et de sécurité un instrument acquis à sa cause dans sa dynamique de se pérenniser au pouvoir vaille que vaille.

L’armée, la gendarmerie et la police sont aujourd’hui au service de Mamadi Doumbouya et non de la République. En retour, ce dernier leur crée toutes les conditions financières, matérielles et logistiques pour mener une vie tranquille.

Il leur est aussi octroyé un permis de harceler, intimider, humilier, torturer, mater et réprimer les militants pro démocratie en toute impunité.

Quant à la justice, comme il fallait s’y attendre, Alphonse Charles Wright tard hier nuit, a enjoint au procureur général près la Cour d’appel de Conakry d’engager des poursuites contre le Général EL SISSI pour diverses infractions imaginaires fabriquées dans l’après-midi dans l’officine du palais M5 après sa consultation avec le légionnaire Doumbouya.

On peut citer, entre autres chefs d’accusation visant l’ancien Président Alpha Condé, ceux de trahison, d’association de malfaiteurs et de complicité de détention illicite d’armes et minutions.

Celui qui se fait appeler pompeusement « directeur de la politique pénale du gouvernement  » a été sollicité par le CNRD pour donner un semblant de légalité à l’opération de kidnapping menée ce weekend dernier par des hommes de Balla Samoura.

Cette énième injonction du ministre des injonctions, comme toutes les précédentes, n’étonne personne. C’est devenu un comportement pavlovien chez « Charlie ».

À cette allure démentielle, une bonne partie de la transition sera consacrée à des chasses aux sorcières maquillées en procédures judiciaires.

La question qui reste encore entière est celle de savoir comment Charles Wright compte exécuter cette décision quand on sait que l’ancien président est en exil. Ce qui lève un coin de voile sur ce complot mal ficelé. En réalité, cette démarche vise tout simplement à neutraliser El Sissi et à dissuader tout autre militant du RPG.

Que dit monsieur le directeur de la politique pénale du gouvernement au sujet du Commandant Alya Camara détenu depuis des mois en un endroit tenu secret en dehors de toutes procédures légales et dans l’arbitraire le plus absolu ?

Que dire des membres de la garde présidentielle tués le 5 septembre 2021 ? Pourquoi n’y-a-t-il pas d’injonction aux fins de poursuites dans ces cas ?

Alphonse Charles Wright rendrait un immense service à la Guinée et aux Guinéens en permettant de dénicher et de mettre hors d’état de nuire les criminels qui endeuillent de paisibles familles.

Ses méthodes complotistes, mégalomaniaques et populistes, lesquelles rivalisent d’ingéniosité avec celles pourtant bien éprouvées de l’ancien Procureur Sydi Souleymane Ndiaye, suscitent aversion et rejet chez les Guinéens qui le considèrent comme étant la pire des impostures qui soit arrivée au pays.

Aujourd’hui, les forces dites de maintien d’ordre n’ont aucun scrupule à tirer à balles réelles sur des manifestants désarmés.

Les hommes de Balla Samoura peuvent arrêter et détenir indéfiniment et sans motif des citoyens dans l’impunité la plus totale. Des responsables politiques, des journalistes et de la société civile peuvent être privés de liberté pour des broutilles. Tout cela se fait sous le regard complaisant voire complice de la justice dont le zèle est illimité lorsqu’il est question de protéger la nébuleuse CNRD.

Le réveil et la mobilisation pointent à l’horizon pour se débarrasser de cette prise en otage de nos institutions et de nos libertés fondamentales.

Sékou KOUNDOUNO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Responsable des stratégies et planification du FNDC

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