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MASSACRES DU 28 SEPTEMBRE EN GUINEE : Dadis Camara jeté en prison

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Le symbolisme est trop fort pour passer inaperçu. Voilà 13 ans, jour pour jour, qu’une meute de militaires en furie ouvrait le feu dans un stade du 28 Septembre de Conakry qui refusait du monde pour le meeting de l’opposition guinéenne, faisant au moins 157 morts sans compter les victimes des sévices corporels et sexuels.

Pour ne pas rater la marche de l’histoire, c’est à cette date anniversaire de l’apocalypse sous l’ère Dadis Camara que la justice guinéenne a décidé d’ouvrir le procès de ce dossier qui pourrit l’atmosphère politique au pays de Sékou Touré. Avant tout propos, il convient de saluer la tenue de ce procès qui constitue, avant même que l’on en connaisse l’épilogue, une victoire d’étape importante dans la longue quête de justice pour les victimes et leurs familles. Et c’est le lieu aussi de tresser des lauriers pour tous les férus de justice, notamment les militants des droits de l’homme guinéens et du monde entier, qui, pendant les 13 ans d’obscurité dans la marche vers la justice dans ce dossier, n’ont pas cédé au découragement, malgré tous les obstacles qui en jonchaient le parcours.

Dans le même registre, l’on peut saluer le courage de Dadis Camara, chef de la junte au pouvoir d’alors, qui ne s’est pas dérobé à ses responsabilités devant l’histoire pour venir apporter sa part de vérité dans cette affaire sanglante. Mais l’homme serait-il rentré au bercail s’il savait qu’il serait jeté en prison avec cinq autres accusés à la veille du procès ? Rien n’est moins sûr. Du reste, faut-il voir en cet acte une mesure préventive qui viserait à empêcher ce tonitruant capitaine de prendre le large au cas où les choses tourneraient mal pour lui ? En tout cas, il y a des raisons de le penser ce d’autant que les douze personnes qui sont dans le box des accusés, ne sont pas toutes concernées par cette soudaine décision de l’autorité judiciaire. Cela dit, il faut espérer que ce procès apporte toutes les réponses et les vraies, à toutes les questions qui permettront de comprendre l’hystérie meurtrière des bidasses et de situer toutes les responsabilités dans toute la chaine de l’opération, depuis le commandement jusqu’à l’exécution.

Ce serait un important rendez-vous manqué avec l’histoire, si finalement l’on assistait à une simple parodie de procès

Ce n’est pas un pari gagné d’avance quand on sait que les deux mandats d’Alpha Condé dont des militants figurent au nombre des suppliciés, n’ont pas réussi à enrôler le dossier pour permettre de détricoter l’épais voile qui entoure ce dossier. Sans nul doute que des travailleurs de l’ombre ou des intérêts politiques contraires à la manifestation de la vérité continuent d’œuvrer à empêcher que le droit soit dit. Et c’est justement en cela que le procès constitue un énorme défi pour la justice guinéenne qui ne manque pas d’hommes de valeur pour dire la vérité en tout lieu et en toutes circonstances, comme le stipule d’ailleurs l’hymne du Ouassoulou du plus grand fils de la Guinée, Sékou Touré. En tout cas, ce serait un important rendez-vous manqué avec l’histoire et pour la réconciliation nationale en Guinée, si finalement l’on assistait à une simple parodie de procès qui ne manquerait pas de faire hanter la Guinée par les fantômes des disparus qui, à coup sûr, n’auront de repos que si justice leur est rendue et si leurs familles peuvent faire leur deuil.

Mais en attendant de voir se dérouler le feuilleton du jugement de ce drame du 28 Septembre 2009, l’on peut déjà tenir pour acquis, l’importante valeur pédagogique de ce procès qui vient rappeler que « quelle que soit la durée de la nuit, le soleil finit toujours par se lever » comme dit le proverbe. Et cette leçon vaut particulièrement pour la junte militaire au pouvoir, qui accumule déjà pas mal de cadavres dans ses tiroirs et multiplie les actes de répressions violentes contre les militants et sympathisants de l’opposition. Mamady Doumbouya et ses frères d’armes n’auront, en tout cas, pas d’excuses quand viendra leur tour de rendre compte au peuple, eux qui ont permis la tenue de ce procès qui ne manquera sans doute pas d’augmenter leur capital de sympathie au sein des populations. Mais en attendant, ils marquent un point important dans la réconciliation entre l’armée guinéenne et son peuple et cela vaut son pesant d’or en termes de gain politique.

 

SAHO      

In. https://lepays.bf/jugement-du-dossier-des-massacres-du-28-septembre-en-guinee-dadis-camara-jete-en-prison/

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