Contre La sansure

Nous journalistes, battons-nous pour Guineematin.com pour sauver notre liberté

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‘’Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres’’, disait Nelson Mandela quelques mois après sa sortie de 25 ans de prison. Depuis près de deux mois l’accès à Guineematin.com, l’un des sites d’informations les plus sérieux, est restreint à partir de la Guinée.

Un casse-tête pour d’une part le fondateur de ce média en ligne, Nouhou Baldé et ses collaborateurs et d’autre part, les fidèles lecteurs soucieux de s’informer avec des nouvelles neutres, vérifiées et dénuées de toute manipulation. Cette pratique liberticide est sans doute un véritable camouflet pour les défenseurs de la liberté d’expression dont pourtant nous journalistes aurions été parmi les premiers heureux bénéficiaires si elle aurait été respectée.

Malgré des multiples démarches entreprises par notre collaborateur notamment auprès de la Haute autorité de la communication (HAC), une institution prompte à museler la presse en cas de suspicion de manquement, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT), qui par le passé s’est livrée à des nombreuses dérives liberticides, Guineematin et ses lecteurs sont privés d’exercer pour le premier son devoir d’informer et le droit à l’information pour les seconds.

Des piètres cadres tapis dans l’ombre, soutenus par une junte militaire aux abois et déterminés à assouvir leurs intérêts personnels, tirent la ficèle et menacent le peu d’acquis que la presse guinéenne a obtenu aux prix d’énormes sacrifices notamment mortels depuis le début des années 1990. Nous journalistes devons comme nous l’impose notre conviction être à l’avant-garde en menant des combats offensifs pour mettre hors d’état de nuire ces prédateurs de la liberté.

La longue marche vers la liberté d’expression

Comme mentionnée ci-dessus, la deuxième vague de combat pour la liberté après la première étouffée dans l’œuf dès l’accession de la Guinée à l’indépendance, a été menée par une frange importante des journalistes très déterminés. Comme actuellement, à l’époque, le régime militaire du Général Lansana Conté venait tout juste de décider de se maintenir au pouvoir.

Violences physiques, saisies des journaux, emprisonnements, kidnappings, expulsions des correspondants de presse et assassinats ciblés, nos aïeux ont tout vécu. Mais, avec une détermination sans faille, l’armée a fini par se résoudre à lâcher du lest pour permettre à la presse d’exercer avec des difficultés son droit jusqu’à l’épisode de la libéralisation des ondes en 2006 qui est couronnée par la création des radios privées.

L’arrivée au pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara par un coup d’Etat et sa soif de le garder l’ont amené à vouloir restreindre la liberté de la presse. Mais, avec la mobilisation de tout le monde, il avait échoué. Le même cycle infernal avec Alpha Condé avec comme méthodes liberticides : des abus de poursuites pour diffamation, emprisonnements, restrictions des télécommunications notamment l’internet, enlèvements des journalistes…Malgré toutes ces répressions du régime civil militarisé d’Alpha Condé, la presse est demeurée unie et engagée pour la sauvegarde de la liberté. Avec notre détermination, le régime du colonel Mamadi Doumbouya ne fera pas exception.

Léguons un bel héritage pour la nouvelle génération

Si notre génération a essayé tant bien que mal à exercer notre métier de journaliste c’est grâce aux combats acharnés menés par nos devanciers. C’est notre devoir d’emboiter leurs pas pour l’enracinement de la liberté d’expression dans notre pays. C’est bien sûr un devoir pour nous d’y arriver. Nous ne devons commettre aucune erreur.

Malheureusement, force est de constater que des erreurs ont été commises. Comme par exemple quand la presse n’a pas bougé son petit doigt quand les députés ont adopté la loi sur la cybercriminalité. Une législation régulièrement utilisée par les régimes d’Alpha Condé et les militaires pour réprimer toute voix discordante.

Des journalistes ont été emprisonnés, contraints à vivre à l’exil et d’autres menacés de mort, malheureusement, le combat n’a pas bien été menée. Malgré ces erreurs, rien n’est tard pour sauver notre liberté. Nous sommes à une ère inquiétante où la junte militaire au pouvoir profite au maximum du détournement de regard des puissances occidentales liées aux guerres en Ukraine, en Israël pour restreindre les libertés. C’est pour cette raison que nous ne devons comptés que sur nous-même pour mener notre noble combat. Nous devons le faire pour léguer un bel héritage à la prochaine génération des journalistes. Et ça commence par nous battre pour Guineematin.

Guineematin.com doit vivre

Comme dit un adage peulh : ‘’Quand tu vois un oiseau sur la tête de ton ami ,dis-lui de se lever sur nos têtes, car après la tête de ton ami, il viendra se poser sur la tienne’’. Aujourd’hui, c’est Guineematin qui est victime pour une deuxième fois, demain, ça sera forcément nous.

Pour rappel, au lendemain de la présidentielle très contestée d’octobre 2020, la Haute autorité de la communication (HAC) a bloqué l’accès du site de Guineematin pendant plusieurs semaines. A l’époque si toute la presse s’était mobilisée en une seule personne, cette restriction dont fait l’objet nos confrères n’allait pas se répéter.

Le blocage de Guineematin doit être levé et ça doit être notre exigence. Pour y arriver, journalistes de Guinée battons-nous pour Guineematin pour que vive la liberté d’expression dans notre pays.

Alpha Oumar DIALLO

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