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« On ne peut vouloir, en même temps, la chose et son contraire ».

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Nous attendons tous le changement pour que la Guinée que nous avons toujours rêvée soit une réalité. Cela passera nécessairement par un changement de mentalités et de comportements.

Pour y arriver, il faut mettre fin aux pratiques, méthodes et habitudes qui ont appauvri le pays et maintenu le peuple dans cette situation inacceptable. Paradoxalement, certaines reformes semblent mal passer, du moins chez certains de nos compatriotes.

Les guinéens sont unanimes que quelque chose doit changer. Que des batailles ont été menées, que de vies ôtées, que de biens détruis! Que de temps perdu…le tout au nom du changement ! Toutes les formations politiques ou presque promettent ce changement une fois aux commandes, c’est d’ailleurs la raison de leur création, nous dit-on. Les organisations de la société civiles luttent sur plusieurs fronts pour la même cause. Les ONG ne sont pas en reste dans cette lutte contre la mauvaise gouvernance.

Les activistes politiques et sociaux, les organismes de défense des droits de l’homme, les leaders d’opinion et les citoyens disent tous, sans exceptions, être demandeurs d’une véritable transformation de notre société, de la manière dont le pays est gouverné en général et la gestion de la chose publique en particulier.

Cette unanimité s’étend désormais hors de nos frontières pour inclure certains pays amis et des partenaires au développement. Tout le monde n’a pas les mêmes méthodes, les mêmes approches et stratégies pour conduire cette transformation. D’ailleurs, les divergences d’opinions et la pluralité des points de vue doivent être encouragées, mais le tout concourt à un objectif : celui de garantir le bien-être de tous. Les méthodes peuvent être nombreuses et diverses mais la finalité doit rester la même : le développement socio- économique de la Guinée.

Pour que le chantier du développement puisse démarrer, il faut que certains guinéens qui ont pris le pays comme une chose privée rendent des comptes. Qu’ils soient les pilleurs des ressources communes, les assassins de guinéens qui réclamaient une meilleure gestion ou leurs complices. C’est seulement en cela qu’on pourra éviter la récidive et dissuader de potentiels prévaricateurs.

Curieusement et contre toute attente, la traque des biens mal acquis engagée par les nouvelles autorités judiciaires ne fait pas l’unanimité. De nombreux citoyens semblent très réticents. En lieu et place d’efforts de moralisation de la gestion publique on y voit des visées politico-stratégiques, des intentions inavouées ou des tentatives d’élimination politique.

Pendant les années de gestion du régime défunt, les journaux nous ont fait de nombreuses et répétitives révélations de scandales économiques et financiers, comme c’était le cas pendant la dernière décennie de gestion du PUP. Des cas de détournements de millions de dollars, et euros, de centaines de milliards de francs guinéens, en passant par les scandales miniers, de corruption et j’en passe. Les archives sont encore fraiches. La presse n’était pas la seule à dénoncer et à condamner ces mauvaises pratiques à l’époque. Ces scandales à répétition faisaient alors le sujet principal des assemblées hebdomadaires des partis politiques, la une des grands journaux, les thèmes de débats dans les émissions interactives etc.

Aujourd’hui, l’unanimité d’antan a fait place à la suspicion et la méfiance. Des hypothèses erronées et des suppositions souvent irrationnelles ont pris la place de la raison au sein de l’opinion. Certains ont tendance à n’admettre les choses que de leurs points de vue, en fonction de leurs petits calculs politiques. Nous assistons à une sorte de tyrannie où il est difficile d’avoir une opinion contraire. On veut une nouvelle société mais on n’est jamais prêt à consentir les sacrifices nécessaires pour la création de celle-ci. Veut-on vraiment le changement comme on le clame ?

La question qu’il faille se poser aujourd’hui est celle de savoir si c’est la justice qui est en train d’être instrumentalisée pour des fins politiques ou alors c’est la politique que certains citoyens veulent instrumentaliser pour échapper à des poursuites judiciaires ?

L’inconséquence consiste à demander le changement et crier au loup lorsque les conditions pour y arriver sont en train d’être réunies. C’est surtout lorsqu’on prétend demander le changement et fustiger ce qui pourrait le favoriser.

Tout accusé est supposé innocent jusqu’à l’établissement de sa culpabilité par un tribunal selon les règles et procédures énoncées par la loi. Les poursuites judiciaires donnent l’occasion rêvée à toute personne mise en cause de prouver son innocence en apportant les preuves de celle-ci et à user de tous les recours permis pour faire valoir ses droits.

L’évidence de la gestion catastrophique du patrimoine guinéen n’a rien de comparable aux suppositions et appréhensions dont les esprits rationnels attendent encore les preuves. Les incohérences et autres insuffisances du système ne doivent en aucun cas voiler les côtés hautement positifs que constituent les poursuites judiciaires toujours réclamées par les guinéens et qui sont enfin engagées contre les fossoyeurs de l’économie nationale. On ne peut vouloir, en même temps, la chose et son contraire.

Let’s walk our talk.

Boubacar DIENG

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