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« Si une transition se donne pour vocation de donner le pouvoir par affinité, le pays là ne connaîtra que de transitions » (Aliou Bah)

Le leader du MoDel, Aliou Bah, s’est exprimé lors de la rencontre du Cadre de concertation et de dialogue inclusif organisé par le Gouvernement Mohamed Béavogui. Il a souligné qu’il « n’y a pas d’anti CNRD ou de pro CNRD. Personne n’est contre vous, responsables du CNRD (…) Soyez rassurés, ceux qui vous le disent, ils vous trompent« .

 

Des extraits de l’intervention d’Aliou Bah

« Monsieur le premier ministre, vous constatez à travers la configuration de la salle que votre discours du 20 juin à eu sa réponse. Mais il faudrait faire la différence entre avoir une opportunité et savoir la saisir. Il est de votre devoir et de notre responsabilité de saisir cette opportunité pour matérialiser l’ambition de l’ensemble de nos compatriotes qui est uniquement une transition apaisée qui pourra nous permettre de revenir à l’ordre constitutionnel dans un délai raisonnable avec la contribution des uns et des autres.
«Mais évidemment, il y a des inquiétudes. Si d’ailleurs vous avez prononcé ce discours, c’est parce que vous-mêmes vous avez admis qu’il y a des choses qui auraient dû marcher et qui ne marchent pas. Si nous sommes là, c’est parce que nous sommes d’accord qu’il y a des ratés. On ne peut pas nier qu’il y a de la volonté de bien faire mais est-ce que les approches qui ont été utilisées sont les bonnes ? Il y a un aspect illustratif de ce qui n’a pas marché. A entendre les uns et les autres, que ce soit ici, à la place publique, dans les médias, vous avez l’impression qu’il y a une mouvance de la transition et une opposition de la transition.

« Vous ne pouvez pas avoir des adversaires parmi nous parce que la transition, l’autorité n’a pas la vocation à se batailler contre les acteurs politiques que nous sommes. La bataille doit résider entre nous et doit se faire conformément aux textes de la république. L’adversité que nous avons les uns et les autres entre nous, ça, c’est classique. Nous sommes responsables de l’animation de la vie politique. Mais la source de cette suspicion, je précise cette suspicion, c’est le fait que lorsqu’une transition commence à être fréquentée par certains (…).

« Je voudrais m’adresser aux représentants du CNRD qui sont en tenues militaires, pour dire que si toutefois, une transition se donne pour vocation de donner le pouvoir par affinité, le pays là ne connaîtra que de transitions. Il faudrait vraiment nous éviter pour une fois les acteurs politiques qui viennent chez vous, renvoyez-les vers les électeurs et dites leur que ce sont les électeurs qui donnent le pouvoir. Ce ne sont pas les combines politiques, ne rentrez pas dedans. Celui qui est capable de gagner une élection, sera capable de gouverner. Celui qui est incapable de gagner une élection, non seulement vous allez lui donner le pouvoir, mais il va finir par vous trahir, parce que ça s’est passé ailleurs, la Guinée en a souffert. Qu’aucun politique n’ait accès à vous pour faire des combines à qui vous pouvez promettre le pouvoir. Le pouvoir se donne par les urnes à travers les élections. Faites en sorte que nous soyons sur le terrain et que nous nous battions.
« Il n’y a pas d’anti CNRD ou de pro CNRD. Personne n’est contre vous, responsables du CNRD. En ce qui concerne la classe politique, vous n’êtes pas nos adversaires, les membres du gouvernement, vous n’êtes pas nos adversaires, le gouvernement vous n’êtes pas nos adversaires, par ce que vous n’êtes pas compétiteurs, vous l’avez dit que vous n’avez pas de candidats. Pourquoi on serait vos ennemis? Pourquoi allons-nous être vos adversaires? Nous, nous ne le sommes pas. Soyez rassurés, ceux qui vous le disent, ils vous trompent. Et s’ils vous trompent aujourd’hui, il vous trahiront demain. Laissez-nous compétir. Entendons-nous sur les mécanismes par lesquels on va organiser les élections et que les candidats puissent conformément à la loi postuler et la Guinée aura gagné parce que ce sont les guinéens qui doivent élire ceux qui vont les gouverner ».

Les acteurs politiques et de la société civile qui rasent les murs du Palais Mohamed V, siège de la Présidence guinéenne, en vue de bénéficier des faveurs des nouvelles autorités du pays vont-ils pouvoir continuer à avoir accès au Colonel Mamadi Doumbouya ? Le CNRD va-t-il rectifier la conduite de sa gestion et collaborer avec les forces vives représentatives pour trouver les bonnes voies pour arriver à un retour à l’ordre constitutionnel ? Dansa Kourouma, président du CNT et les autres mains noires qui induisent en erreur les tombeurs du régime dictatorial d’Alpha Condé vont-ils comprendre que la Guinée a plus à gagner en s’engageant, avec le soutien de la communauté internationale, à organiser une transition raisonnable (au plus 15 à 20 autres mois) au cours de laquelle, comme l’avait dit à Accra, l’ancien président américain, Barack Obama, seront mises en place des « Institutions fortes », garantes d’un régime démocratique, plutôt de fabriquer « des hommes forts », impopulaires, illégitimes et corrompus.

 

I. S. BALDÉ

 

 

 

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