Contre La sansure

Un logement convenable, un droit encore hors de portée pour plus de 3 milliards de personnes

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Avoir un toit ne suffit pas pour vivre dignement. Réunis lundi à Mascate, en Oman, pour la Journée mondiale de l’habitat, des représentants de gouvernements, de la société civile et du monde universitaire ont appelé à agir face à une crise du logement qui touche près de 3,4 milliards de personnes.

« Un logement convenable n’est pas un luxe. C’est le fondement d’une vie digne et de villes durables », a déclaré Anacláudia Rossbach, Directrice exécutive d’ONU-Habitat, le Programme des Nations Unies pour les établissements humains.

Selon elle, « le logement doit être considéré comme une priorité publique, au même titre que le foncier et les services de base ». La cheffe d’ONU-Habitat a plaidé pour davantage d’investissements dans les communautés et pour une coopération renforcée entre pouvoirs publics, secteur privé et société civile.

Dans un quartier résidentiel de Bosaso, en Somalie, un groupe de garçons somaliens jouent et sont assis sur des bancs en béton sous un abri aux piliers rouges et au toit en tôle ondulée verte, tandis que des bâtiments blancs aux portes bleues se dressent en arrière-plan.
Des enfants somaliens jouent à l’ombre d’un abri communautaire, sur un site de logements d’ONU-Habitat à Bossaso. ONU-Habitat 

 

Plus d’un milliard de personnes dans les bidonvilles

Dans son message pour la Journée, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a décrit le logement convenable pour tous comme « le fondement de la dignité, de la sécurité et des possibilités offertes à chacun ».

Plus de trois milliards de personnes dans le monde restent pourtant privées de ce droit humain universel, a-t-il rappelé.

« Plus d’un milliard vivent dans des quartiers informels et des bidonvilles, et bien d’autres sont sans abri ou ont été déplacées par les conflits, les catastrophes et les changements climatiques », a-t-il ajouté.

Une vue à travers une porte donnant sur une ruelle étroite dans un bidonville à Nairobi, au Kenya, avec du linge coloré suspendu à une corde et un chien reposant à proximité.
Le bidonville de Mathare, à Nairobi, au Kenya, abrite un demi-million de personnes sur 5 kilomètres carrés. © UNICEF/Denis Jobin 

 

« Un piège qui enferme dans la pauvreté »

Derrière ces chiffres, il y a des personnes, a souligné le Président de l’Assemblée d’ONU-Habitat, Nga Kor Ming, également ministre malaisien du logement et des collectivités locales.

Dans un message vidéo, il a évoqué les familles qui vivent dans des logements sans protection juridique, parfois sans installations sanitaires de base ni eau potable, et dont les enfants souffrent de maladies évitables.

« Une maison sans eau potable, sans sécurité ni garanties juridiques n’est pas un foyer. C’est un piège qui enferme dans la pauvreté », a-t-il déclaré.  « Pour garantir un logement convenable à tous, nous devons donc passer des solutions de fortune à une transformation systémique ».

« Bien plus que quatre murs et un toit »

« Un logement convenable, c’est bien plus qu’une construction avec quatre murs et un toit », a insisté Mme Rossbach.

Selon le cadre des Nations Unies relatif aux droits humains, un logement est convenable lorsqu’il répond à sept critères, a-t-elle expliqué, parmi lesquels la disponibilité des services, l’habitabilité, le coût, l’emplacement et l’accessibilité.

« Une famille peut avoir un toit et consacrer pourtant une telle part de ses revenus au loyer qu’il lui reste peu pour se nourrir, s’instruire ou se soigner. Un logement peut être abordable, mais situé loin des emplois, des écoles ou des transports », a-t-elle fait valoir.

Vue aérienne de tours résidentielles et d'îlots urbains dans une vallée montagneuse sous un ciel bleu parsemé de nuages ​​épars.
À Medellín, en Colombie, les quartiers défavorisés situés à flanc de colline ont été transformés grâce à l’urbanisme social. © Adobe Stock/Luciano 

 

Le logement, un bien public

« Investir dans des logements convenables et transformer les quartiers informels permet de réduire la pauvreté, de combattre les inégalités, de renforcer la résilience climatique et de favoriser des sociétés pacifiques et inclusives », a affirmé pour sa part António Guterres.

Le Secrétaire général a demandé aux gouvernements nationaux et aux autorités locales de coordonner leurs actions, de renforcer leurs partenariats et de mieux utiliser les données pour éclairer leurs décisions.

« L’architecture financière internationale doit également être réformée afin de mobiliser les financements suffisants, prévisibles et abordables dont les pays en développement ont besoin pour investir à grande échelle dans le logement », a-t-il ajouté.

Octobre, mois de mobilisation

  • La Journée mondiale de l’habitat est célébrée chaque année le premier lundi d’octobre.
  • Cette année, elle a pour thème « Un logement convenable pour tous ».
  • La Journée donne le coup d’envoi de l’« Octobre urbain », une campagne d’ONU-Habitat en faveur du logement et du développement urbain durable qui se clôturera le 31 octobre avec la Journée mondiale des villes.

Source: https://news.un.org/fr/story/2026/10/1159608

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