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Le CNRD va-t-il accepter de transformer son Cadre de concertation en Cadre de dialogue permanent ?

Ce lundi 27 juin 2022 s’ouvre à Conakry (Kaloum), une rencontre capitale entre le pouvoir et les véritables forces vives du pays, en l’absence de certains des leaders (Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, principalement) de celles-ci. Les nouvelles autorités guinéennes, qui parlent de cadre de concertation accepteront-elles de mettre sur pied un cadre de dialogue permanent comme le veulent les forces vives ?

Pour un observateur, « il est temps que les Faya Millomono, Siaka Barry, Bah Oury, Lansana Kouyaté, Ousmane Kaba, bref tous ceux qui conseillent le CNRD se rappellent que sous la dictature d’Alpha Condé, dont le régime ne tenait que grâce aux forces militaires et paramilitaires, y compris les forces spéciales du Colonel Doumbouya qui l’ont renversé le 5 septembre 2021, il y a eu un cadre de dialogue permanent. Et si les accords issus de ce cadre n’ont pas été respectés par le pouvoir, c’est grâce à la complicité des Magistrats et des dirigeants du CNOSC, dont ce Dansa Kourouma Président du CNT. Eux-mêmes y ont leur part en tant que partis politiques plus à l’aise dans la mouvance présidentielle que dans l’opposition réelle« .

De l’avis d’un commentateur politique, « ces journées d’échanges qui s’ouvrent ce matin sont une chance à saisir pour le CNRD et ses partisans, car la situation a atteint un niveau préoccupant. Comme on le dit, la ligne rouge est sur le point d’être franchie. Le FNDC a accepté de repousser sa manifestation jusqu’au 30 juin, c’est-à-dire dans 3 jours seulement. Mais si les autorités veulent nous éviter les affrontements, les manifestations, c’est le moment de mettre en place ce cadre de dialogue permanent et de négocier pour avoir réussir la transition. Ceux qui veulent confisquer le pouvoir, qu’ils le fassent légitimement en organisant une élection générale transparente et inclusive« .

Pour sa part, Ben Pepito souligne dans une tribune (*) que le régime en place et les forces militaires et paramilitaires sont les principaux responsables de la mauvaise situation sociopolitique en Guinée. « Qui torpille la liberté en Guinée, de 1958 jusqu’aujourd’hui ? Qui tue impunément en Guinée ? Qui barbarise les manifestations pacifiques dans le bled ? Qui viole les femmes en Guinée ? Qui rackette en Guinée ? Qui affame la plèbe ? Qui sabote les études des élèves et des étudiants en leur imposant un enseignement à quatre sous ? Qui tue dans les hôpitaux guinéens ?« , questionne-t-il.

Il répond que « c’est le régime en place… C’est le pouvoir en place… C’est l’armée guinéenne… C’est la gendarmerie nationale… C’est la police nationale… C’est les Forces Spéciales créées expressément pour réprimer, massacrer de pauvres citoyens qui ont le toupet de manifester dans la rue pour réclamer plus de justice sociale, de liberté et de démocratie« .

Plus de 700 manifestations

Comme pour répondre à ceux qui soutiennent que sous Alpha Condé il y a eu plus de 700 manifestations, il rappelle que « le droit pour l’opposition de discorder en manifestant pacifiquement est consacré par les conventions internationales dont la Guinée est signataire », et indique que « la situation actuelle de la Guinée est intenable, invivable. Les gens ont besoin de déverser leur colère dans la rue. Ça ne va pas dans le pays ! Et au lieu de respecter sa parole donnée, en facilitant une transition démocratique, Brutus Doumbouya cherche maintenant à s’accrocher au trône« .

Les forces militaires et paramilitaires de Guinée, sous tous les régimes, ont toujours été des milices du pouvoir.

Condamnant les propos tenus par le P.M. Mohamed Béavogui, en campagne d’intoxication politique à N’Zérékoré, il estime que « c’est de la manipulation que de dire aux jeunes de N’Zérékoré que Brutus Doumbouya est là pour eux. C’est faux. C’est un mensonge. C’est de la duperie. Pour se donner du prix aux yeux des Guinéens, Brutus Doumbouya n’arrête plus de fonctionnariser à tour de bras. Comme il prend goût à trôner, alors ça lui vient à l’idée de se constituer un réservoir de supporteurs« .

Ben Pepito, partant du dicton qui dit que « qui veut noyer son chien l’accuse de rage« , soutient que Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo ne sont « nullement responsables de la dissémination de l’ethnocentrisme dans le patelin. La haine ethnique remonte aux batailles politiques ayant opposées les Guinéens dans les années 57-58. Et aujourd’hui il y en a qui veulent que le pays dans sa résilience fonce abruptement en avant sans remuer le couteau dans la plaie.
L’arrestation et la mise à mort de Diallo Telli infèrent ce tragique dernier entretien qu’il avait eu avec Sékou Touré :

« – Mon cher Telli, j’ai au moins une qualité qu’il faut me reconnaître, c’est de ne jamais me laisser surprendre…
Mais qui veut te surprendre, prési ?
Au revoir Telli ! »
Et Benn Pepito de préciser « avant de mourir d’inanition, l’ingénu avait eu la force mentale de lancer ce vœu à la postérité :

« Je souhaite qu’après moi, en Guinée, en Afrique ou n’importe quel lieu du monde des enfants, des vieillards et des femmes ne paient plus de leur vie l’irresponsabilité d’hommes qui au lieu de créer et d’entretenir la liberté, la torpillent« .
Si le Colonel Doumbouya veut d’une transition réussie, il doit remplacer le cadre de concertation par un cadre de dialogue permanent comme l’a annoncé son Premier ministre la semaine dernière. Le cas échéant, Mohamed Béavogui devrait tirer les conséquences et présenter sa démission s’il était sincère dans son offre de dialogue.

 

Brehim Ould MAHMOUD

(*) In. https://guinafnews.org/5444-2/

 

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