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La réduction du nombre de partis politiques se fera naturellement par des rapprochements idéologiques et d’intérêts

Il faut d’entrée de jeu, être clair comme l’eau de roche. L’idée de bipartisme dans une démocratie (le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple) est saugrenue, subjective et ne peut être motivée que par des ambitions strictement personnelles des personnes qui la portent.

Il faut retenir une chose importante : les questions de restrictions de libertés d’opinions, d’associations donc de multipartisme… ne peuvent être imposées ou réglées par décret ou encore comme une équation mathématique. Ces libertés sont le résultat de plusieurs décennies de luttes et sont aujourd’hui protégées par la déclaration universelle des droits de l’homme dont notre pays a ratifiées.

Si nous pouvons être d’accord sur la nécessité d’assainir l’espace politique et de l’encadrer compte tenu de la prolifération de partis politiques, on ne peut au même moment, obliger, dans une démocratie, des populations à choisir, forcément, entre le blanc et le noir et contre leur volonté. Non. Cela plongerait davantage notre pays dans une sorte de clivage ethnique sans précédent compte tenu de l’opposition politique visible des communautés majoritaires du pays et aboutira à la domination légale des minorités. La démocratie n’est-elle pas la dictature de la majorité?

La réduction du nombre de partis politiques se fera naturellement par des rapprochements idéologiques et d’intérêts, dans le temps. À cela, il faut ajouter l’application stricte de la loi encadrant les partis politiques par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation pour assainir l’espace politique et le renforcement de la législation existante pour mieux encadrer leur création et leur fonctionnement. Combien participent-ils aux élections en Guinée? Combien d’entre eux ont-ils un siège et tiennent régulièrement leurs réunions ? Les réponses à ces questions devraient aider les nouvelles autorités dans leurs tâches de réforme du champ politique.
C’est pour ces raisons qu’on peut affirmer sans se tromper que l’objectif intime de ceux qui portent l’idée de réduction de nombre de partis n’est autre chose que l’élimination de leaders ou de partis gênants capables de gagner des élections libres, crédibles et transparentes et l’exploitation continue de communautés minoritaires comme bétail électoral, bref la confiscation du pouvoir politique.

Si non comment pouvons nous comprendre que ceux qui dénoncent un nombre élevé de partis politiques soient les mêmes qui agréent clandestinement des dizaines de nouveaux partis acquis d’avance à leurs sales causes qui se forment en coalitions et qui viennent polluer l’espace politique? Pire, ce sont les mêmes qui « gosient » qu’un parti politique est égal à un parti politique quand il s’agit d’assouvir leurs intérêts!

Le multipartisme est un des piliers de la démocratie. Il protège la liberté d’opinions et d’associations. Il est garant de la participation des minorités dans le débat politique. Une démocratie n’est vivace et fière que si les intérêts des minorités sont protégées.

Aux pyromanes qui veulent par des manœuvres machiavéliques, confisquer le pouvoir pour leurs clans au détriment de tous, nous avons compris vos combines politiciennes, mais sachez qu’elles ne passeront plus.

Accepter ces idées et visions anachroniques et obscurantistes seraient la fin de la démocratie dans notre pays.

Nous ne l’accepterons pas et ne le permettrons pas.

Vive la démocratie,
Vive la Guinée,

Pépé Francis HABA

Président UGDD

 

N.B.

Guinafnews.org ne partage pas l’idée de l’auteur de cette tribune, à l’effet que : « le multipartisme est un des piliers de la démocratie. Il protège la liberté d’opinions et d’associations. Il est garant de la participation des minorités dans le débat politique. Une démocratie n’est vivace et fière que si les intérêts des minorités sont protégées« .

Pour notre site, le multipartisme c’est trois partis politiques et plus. Nous souhaitons que seules les formations politiques ayant des élus aient la reconnaissance officielle soit au niveau national, si elles ont des élus nationaux (Président et Députés), au niveau régional, si elles ont des élus (conseillers régionaux), au niveau communal ou de districts (si elles ont des élus à ces niveaux).

Aussi, que seules les coalitions politiques qui ont des élus dans tous les districts du pays aient cette reconnaissance nationale ou régionale.

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