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L’intellectuel Tierno Monénembo ne m’a pas déçu !

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Je viens de finir la lecture de  »Saharienne Indigo », le dernier roman de Thierno Monénembo. Et pour dire vrai, l’intellectuel ne m’a pas déçu.
Thierno Monénembo n’est ni un ethnocentriste ni un ethniciste. C’est un écrivain engagé, et de très haut niveau. Une véritable « caution intellectuelle pour la Guinée », pour parler comme Cheick Yérim Seck.
Selon Jean Paul Sartre, les écrivains engagés sont des « hommes qui participent étroitement aux affaires de leur temps et qui de fait mettent leur art au service d’une cause politique ou d’un courant de pensées » ; On parle alors de littérature engagée.
Thierno Monénembo a choisi sa cause politique, celle qui consiste à lutter contre les dictatures et les tyrannies qui échelonnent la vie de son pays qu’il aime tant. L’écrivain engagé se place du côté de son peuple qu’il défend avec hargne, souvent au risque de sa vie.
Que cela ait concerné le pouvoir autocratique de Sékou Touré, la gouvernance gabegique sous Lansana Conté, les élucubrations erratiques de Dadis Camara ou le médiocre et népotique régime d’Alpha Condé, l’écrivain a immanquablement tiré – à boulets rouges – avec la même véhémence.
Ses pamphlets résonnent à mon sens comme une sirène éveillant nos consciences endormies sur les tares de notre société. Ils pourfendent une gouvernance bancale qui encastre notre pays dans l’abîme nauséabond de la pauvreté et nous englue dans un sous-développement chronique depuis l’indépendance.
Son aura, son charisme et sa probité le placent largement au-dessus de la pathologie de l’ethnicisme ambiant qui domine les débats de caniveau dont nous sommes si friands en Guinée. Je me réjouis d’avoir un compatriote de cette trempe. Nous devrions nous réjouir tous de le savoir Guinéen.
Les défauts dont l’affuble une certaine opinion, ne sont en réalité que le reflet de nos propres préjudices, le miroir de nos propres stéréotypes ; bref, nous lui faisons endosser, sournoisement, toute la hideur de nos défaillances sociétales. Ceci est une lâcheté pour notre génération.
Cette génération qui devrait être à l’avant-garde de la lutte pour le triomphe de la démocratie et la prospérité de notre nation qui, hélas, a failli lamentablement à sa mission. Égarée qu’elle est dans les noirceurs du tribalisme. C’est nous qui avons plutôt déçu.
Au demeurant, quand Josiane comprenait dans ‘Crapauds-brousse’ que les intellectuels « n’étaient que des espoirs ratés », l’on peut déduire que l’auteur, de façon prémonitoire, s’adressait à tous ces jeunes de ma génération qui « auraient dû être la solution [mais] ils ne l’étaient en rien » et qui, par leur cupidité, sont devenus « plutôt eux le vrai problème à la lumière de la vérité » et au développement de la Guinée.

Sékou A. CAMARA

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