Contre La sansure

Axe Ankara-Conakry : le silence d’Alpha Condé contre la tranquillité pour Albayrak

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Invité par courrier du 1er juin 2023, le Président de la Transition, le colonel Mamadi Doumbouya a participé à l’investiture du Président réélu Racep Tayyip Erdogãn, samedi 3 juin à Ankara. Le Président guinéen a été, selon nos sources, reçu séparément par Erdogãn et Check Ahmed Albayrak le PDG de la société Albayrak Turizm Seyahat Insaat Ticaret SA.

A cette occasion, le sujet concernant l’activisme politique d’Alpha Condé a pu, probablement, être un accent fondamental abordé à cette occasion, pour le futur des relations commerciales entre la Guinée et la Turquie. Selon nos informations, soit l’ancien Président regagne le temple de la méditation ou c’est Alport filiale guinéenne d’Albayrak qui va trinquer. Car il y a de nombreux précédents fâcheux, qui seront rappelés ci-dessous.

Selon nos sources, en mai 2022, le groupe Albayrak a été sollicité par le gouvernement guinéen, pour évacuer le Président Alpha Condé, en Turquie pour des soins médicaux, et « ce dans un cadre purement humanitaire ».

C’est ainsi que le Président du groupe Albayrak a répondu favorablement, « en affrétant un Jet privé, le 21 mai 2022 pour transporter l’ancien Président guinéen ».

L’avion transportant Alpha Condé a atterri en Turquie, après six heures de vol et « il a été constaté à l’arrivée que M. Alpha Condé n’a pas de passeport sur lui ». La société Albayrak est donc en difficulté avec les autorités turques. Qu’est-ce qui prouve que c’est Alpha Condé qui est bien à bord ? Surtout que « personne ne peut entrer légalement en Turquie sans passeport ou un document de voyage équivalent, à moins qu’il ait un statut de réfugié ». A l’époque, précisent nos sources, « Alpha Condé était gravement malade et n’était pas non plus apte à répondre aux questions ».

Il a fallu donc l’intervention de « la haute autorité turque pour lui trouver un statut particulier pour pouvoir débarquer à Ankara ». Car plus « il perdait de temps à l’aéroport, plus sa vie était en danger ».

C’est ainsi qu’il a été admis « en soins intensifs pour plusieurs jours en Turquie ». Et patatras, en septembre 2022, le CNRD a demandé aux dirigeants locaux d’Albayrak « le retour immédiat de M. Alpha Condé ».

Selon nos sources le groupe Albayrak a ainsi  transmis ce message au Président déchu Alpha Condé « qui a refusé d’obtempérer sous prétexte qu’il était souffrant et qu’il ne s’occupe que de sa santé ». Et « après insistance d’un des dirigeants d’Albayrak, il aurait crié, jetant et cassant des objets sur ce dernier. Avant de piquer ensuite une nouvelle crise sanitaire, qui avait durée plus de 48 heure ».

Le groupe Albayrak était ainsi en difficulté : Quand on sait que la déportation d’une personne contre son gré, ne peut être exercée par une société privée comme Albayrak.  Ensuite, l’État Turc affirmait, selon nos sources, que  « cela se règle entre États ».
De l’autre côté, l’État guinéen exige d’Albayrak un retour immédiat du Président Condé, aux risques de fermeture de ses locaux en Guinée. Bien que les discussions continuent, une source très proche de la diplomatie turque, a indiqué que « ce n’est pas le fait de renvoyer Alpha Condé en Guinée qui pose problème mais le fait de l’extraire des soins médicaux intensifs, étant un vieux et physiquement affaibli qui pose problème ».

Albayrak n’en aura pas fini, dans son conflit, pour le retour d’Alpha Condé, avec l’administration guinéenne. En effet, après la fermeture temporaire, en septembre 2022, de ses bureaux par les autorités de Conakry, le Ministre du Travail et de la Fonction publique, M. Julien Yombouno, à travers une lettre du 20 septembre 2022, demande une mise à disposition de 146 employés de Alport. Ceux-ci doivent se soumettre à un contrôle, pour dédoublement, que mène l’inspection générale de l’administration publique.

Selon nos informations. si en mai dernier la direction générale de Alport filiale d’Albayrak a connu un changement de management, il reste bien entendu, l’éventualité de la révision qui planerait sur son contrat d’exploitation d’une section du port autonome de Conakry.

Il faut rappeler que c’est le 27 février 2018, des responsables du Port Autonome de Conakry découvraient une version du contrat de concession entre la Société Turque Albayrak Turizm Seyahat Insaat Ticaret SA et la Société Nationale Port Autonome de Conakry. Dans cette version, l’objet du contrat est de conférer au Concessionnaire (Albayrak) le droit de détenir, exploiter, réhabiliter, développer et assurer la maintenance du Port de Conakry pendant la période définie (30 ans).

Quatre ans plus tard, les gouvernants guinéens constatent que la sécurité intérieure de la Guinée est très menacée par les narcotrafiquants de tout acabit. En effet, dans la nuit du 6 au 7 février 2022, un bateau battant pavillon « White Angel 1192642, venant de la Turquie a été appréhendé à 120 000 miles, dans les eaux territoriales guinéennes.

Saisi par les forces de défense et de sécurité et perquisitionné par les agents de la Direction des investigations judiciaires de la gendarmerie, il y a été découvert, 4 membres (hommes) d’équipage de nationalité turque et une tonne de psychotropes conditionnée en 275 plaquettes. Les enquêtes n’ont toujours pas rendu publics les complices de cette opération de transport de drogue vers la Guinée.

De l’autre côté, courant 2022, à cause de ce phénomène de trafic de drogue, le gouvernement a, apprend-on, pris des mesures de suspension de tous les droits de survol du territoire national, à l’exception de ceux des vols commerciaux comme Air France et autres.

Selon une source basée au Ministère en charge des Transports, « cette mesure concernait les vols miniers, humanitaires et Jet privés (exception faite pour les appareils de la compagnie Aigle Air). Le souci étant de mieux sécuriser les frontières contre les risques d’instabilité, qu’occasionne le phénomène de trafic de drogue et du crime organisé. Comme ce fut le cas tout récemment en Guinée Bissau, pays limitrophe de la Guinée ».

Cette suspension était également consécutive, selon cette source, à la découverte de la drogue dans un avion spécial affrété par la société turque Albayrak. Cet avion immatriculé MD- REG P4AUA SERIALNO n°53042 est arrivé à Conakry le 5 janvier 2022, transportant une  délégation des officiels de la République Démocratique du Congo (Gouverneur de Kinshasa, ministre de l’environnement de Kinshasa, la directrice de la société nationale des transports du Congo, le représentant de African Union Financial services, ainsi que 11 de leurs collaborateurs).

Selon une source interne chez Albayrak, la société avait formulé régulièrement la demande de survol et d’atterrissage, « c’est le manque d’information qui avait conduit à un malentendu et que le Président de la transition ait assimilé ce vol comme suspect, alors que rien n’en était. Il n’y avait pas de la drogue dans le vol spécial organisé par Albayrak, sinon les autorités n’auraient pas libéré l’appareil ».

Au cours de la gestion de cet incident entre Ankara et Conakry, le Président Doumbouya avait failli, selon un témoin de la scène, limoger le ministre des Travaux Publics et des Transports d’alors, M. Yaya Sow.

A la lumière des documents consultés par l’enquête, il a été établi, l’implication du ministère de la Défense Nationale, à l’organisation de ce vol, à travers le chef d’État-major de l’armée de l’air, le colonel d’aviation Yagouba Touré.

In. https://www.lepetitdepute.com/details-article/axe-ankara-conakry-le-silence-dalpha-conde-contre-la-tranquillite-pour-albayrak

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