Général Mamadi Doumbouya, des promesses aux actes ! (Mognouma)
Le très sérieux magazine Emergence n’a pas eu tort, il y a deux ans, à l’occasion de la 3ème édition de son forum économique, de décerner un grand prix au chef de l’État pour son engagement en faveur de la lutte contre la corruption. À l’époque, faut-il le rappeler non sans un brin d’indignation, les éternels insatisfaits, ces impénitents toujours dans le déni permanent de la réalité à cause de leur position tranchée souvent déraisonnable, avaient déversé leur bile de haine sur les organisateurs. Pas étonnant. C’est une cour disposée à répéter les mêmes mots d’ordre. Une sorte de clique prête à faire la claque sans modération.
Malgré le temps écoulé, la note de satisfaction adressée au chef de l’État pour son engagement à dissuader les corrupteurs et les corrompus est encore d’actualité.
Cette semaine, il a fait parler de lui comme jamais. Deux ministres, voire trois, tous puissants parce que très proches de lui, ont fait les frais de son engagement contre la corruption. Ils ont été démis de leurs fonctions. Mais attention à ceux qui seraient tentés par le raccourci pour tirer une conclusion hâtive, en caricaturant les partants et en leur collant l’image de corrompus. Loin s’en faut. On n’en est qu’au début de l’enquête. Avant eux, un autre ministre avait aussi été limogé, ainsi que plusieurs de ses hauts cadres, pour des faits similaires. Au final, ils avaient tous été blanchis et remis en liberté après une enquête rondement menée. Certains d’entre eux ont même été réhabilités. C’est ainsi que les choses devraient se passer.
Le principe chez le président Mamadi Doumbouya, un principe en vigueur dans les pays sérieux, est que tout cadre accusé de corruption doit, volontairement ou par contrainte, quitter sa fonction pour se consacrer à son dossier. Cela, afin d’éviter qu’il influence la procédure en raison de son statut. Ce principe n’était pas connu des Guinéens, car jamais, par le passé, un cadre en fonction, même cité dans des dossiers qui sentaient la corruption, n’avait été inquiété. Sous le règne du général Mamadi Doumbouya, cette tradition est révolue. C’est là toute sa particularité. Il veut ainsi rester fidèle à l’engagement qu’il a pris en ce sens. À cet effet, il a souvent réitéré que sa main ne tremblera jamais. Une promesse qu’il a du reste réitérée le vendredi soir, après la publication de ses décrets. Il a signifié qu’aucune proximité avec lui, ne saurait être une prime à l’impunité . Il n’y a d’ailleurs pas de démonstration plus éloquente que l’acte pris ce vendredi soir. Un acte qui restera à jamais gravé dans le marbre. Et qui renforce la réputation de combattant contre la corruption de l’homme du 5 septembre , bien quil reste beaucoup à faire .dans un pays où la corruption est devenue un mode de gouvernance.
Mognouma Cissé

