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« Il est grand temps que les guinéens tournent la page des échecs à répétition…. »

Le coup d’Etat enregistré en Guinée le 22 décembre 2008 fût une conséquence directe des négociations entre les syndicats et le régime Lansana Conté lorsque ces derniers ont dirigé le mouvement national de contestation de la gestion calamiteuse et de l’impunité qui était la règle à l’époque.

De 2010 à maintenant Dieu seul sait combien de fois la classe politique guinéenne s’est retrouvée autour d’une table pour dit-on négocier, mais pour quel résultat ?

Ibrahim Babanguida, Ibrahima Fall, Toumany Sangaré, Saïd Djinnit,  Boni Yayi, le Groupe International de Contact et j’en passe, plusieurs organisations et diplomates ont tenté tant bien que mal à rapprocher des éternels protagonistes guinéens dans une crise qui, à chaque fois résolue, refait surface le lendemain. En 2009, il aura fallu Ouagadougou pour trouver un accord entre la junte dirigée par Sekouba Konaté, la classe politique et la société civile guinéenne et cela sur le dos du peuple.

Selon moult acteurs et observateurs de ce dialogue, ce sont les intérêts égoïstes et partisans de groupes d’intérêts qui étaient abordés. La suite fût la désignation à la tête du pays d’un homme qui n’avait pas totalisé 20% des suffrages exprimés par les guinéens.

Malgré la rédaction et la promulgation d’une constitution consensuelle et appréciée de plusieurs acteurs ainsi qu’une majorité de la population, la loi fût classée dans les tiroirs pendant les 11 ans de règne d’Alpha Condé au profit d’accords arrachés lors des foires d’empoignes et autres jeux de dupes qu’on appelait alors négociations. Toutes les fois que la crise resurgit, ce sont les mêmes acteurs qui n’ont jamais pensé à l’intérêt des guinéens qui se sont retrouvés pour partager des postes et des primes au détriment de la loi et des intérêts supérieurs de la nation.

Les conséquences sont connues de tous, une spirale de crises, de manifestations et de négociations qui nous ont fait oublier la nation au profit d’une lutte infinie de camps tribaux rivaux aux ambitions hégémoniques néfastes, engendrant des morts, des handicapés à vie et des destructions de biens. De négociations en négociations, on a fini par négocier un troisième mandat anticonstitutionnel entre les mêmes parties sur la vie, l’intégrité, la liberté, l’honneur et la dignité des populations qui se battaient pour la survie dans une atmosphère de crise sanitaire globale.

Ce sont les mêmes négociations qui nous ont conduits à ce maléfique 3ème mandat qui a justifié un coup d’Etat en septembre 2021. La transition en cours est la conséquence directe de toutes ces négociations au détriment de la Guinée et des guinéens.

Le RPG d’Alpha Condé, l’UFDG de Cellou Dalein Diallo et l’UFR de Sidya Touré ont partagé le pouvoir, les postes, les primes, les subventions et autres avantages, faisant fi de la constitution, les autres lois de la République et l’intérêt supérieur de la Guinée. Cette politique ethnico-tribale n’a favorisé que ces leaders et leurs clans respectifs et compromis le vivre ensemble entre guinéens.

Le moment est venu de rompre avec ces méthodes improductives et obsolètes pour qu’une fois, les guinéens puissent saluer la mémoire des victimes et remettre les véritables préoccupations du peuple sur la table pour une transition pacifique et un retour apaisé et démocratique à l’ordre constitutionnel

Il est grand temps que les guinéens tournent la page des échecs à répétition pour ouvrir une qui sera faite d’espoirs, de possibilités et de perspectives d’avenir.

Le dialogue réclamé par le sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO doit mettre tous les guinéens autour de la table avec comme ordre du jour les véritables préoccupations nationales notamment  les droits humains, la démocratie, la transparence, la lutte contre la corruption, le respect de la constitution et des lois de la république et enfin l’organisation d’élections crédibles et un retour définitif au règne de la loi.

Boubacar DIENG 

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