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Justice et Droits de l’Homme en Guinée: les choses vont-elles changer dans le bon sens ?

En tournée dans les principaux services du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme qu’il dirige depuis de nombreux mois, battant ainsi le record de durée dans ce département, Alphonse Charles Wright semble avoir donné des instructions qui « pourraient, selon un commentateur, faire bouger les choses« .
Il a rappelé qu’il a «escaladé des murs dans ce pays en tant que magistrat ; mon épouse a fait une fausse couche à cinq mois de grossesse, beaucoup d’amis connaissent l’histoire ». Il a ensuite informé qu’aujourd’hui, « en cette période de refondation, mêmes les membres de mon cabinet, c’est formellement interdit que quelqu’un s’immisce dans les affaires judiciaires. Je le dis bien c’est formellement interdit. Pourquoi ? Si vous voyez une institution qui fonctionne très mal, le problème c’est le Garde des Sceaux parce que souvent, c’est vous qui devrez expliquer à tout le monde comment la Justice fonctionne. Vous ne devrez pas être celui-là qui affaiblit la justice. Je ne le ferai jamais« .
Poursuivant, il souligne : « on ne peut pas comprendre qu’au tribunal de Dubréka que les audiences commencent à 8h30 et qu’ à la Cour d’Appel de Conakry, c’est un exemple que je donne, qu’elles commencent à 12 heures ou 14 heures. Alors qu’on est assis au bureau en train de parler ou suivre la télé. Tous les postes téléviseurs dans les bureaux, ils n’ont qu’à les faire descendre. Pourquoi ? La raison elle est simple. Quand vous voyez le temps du travail du magistrat, quand il est seul pour examiner et apporter la solution, c’est beaucoup plus important que le temps qu’il passe avec le justiciable qui comparaît. Vous partez dans les bureaux, chacun regarde la télé, les dossiers sont là et personne ne s’en occupe. Et dès que ça arrive, le travail n’est pas fait, à l’audience on dit : renvoi à huitaine, désormais tout renvoie doit être motivé« .

Le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry, Younoussa Conté (costume cravate) à la gauche du Ministre Charles Wright.

 

Nous promettons fermement à M. le ministre que les instructions et les recommandations de l’Inspecteur général des services judiciaires seront respectées à la lettre et le parquet général en ce qui le concerne y veillera. Moi, ma responsabilité, c’est de mettre en exécution les instructions données par M. le ministre et l’Inspecteur Général des Services Judiciaires. En notre qualité de surveillant, nous allons surveiller les parquets d’instance qui à leur tour procéderont au contrôle régulier des officiers de police judiciaire”.
Pour un autre commentateur, « l’important n’est pas de faire des discours… ce sont les actes qui comptent. Pourquoi détenir des gens sans les juger ? Pourquoi ne pas privilégier les mesures de contrôle judiciaire au lieu de détenir les gens ? Pourquoi ces lenteurs dans les jugements, surtout lorsque les procureurs ne trouvent pas les preuves. Le Ministre Charles Wright devrait être inspiré le Juge Charles Wright qu’il était en invitant les juges à suivre les lois comme lui il le faisait au point, comme il l’a dit, il a escaladé des murs… La refondation c’est faire du respect des droits de l’Homme la boussole des actes du CNRD. Ne pas détenir sans jugement, empêcher l’État de contrôler la Justice, les Magistrats. C’est ça que les peuples demandent partout à travers le monde« .

La question que nombre de commentateurs se posent est en matière de Justice et des Droits de l’Homme en Guinée, les choses vont-elles changer dans le bon sens ?

Brehim Ould MAHMOUD

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