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le Colonel Mamadi Doumbouya laisse planer le doute dans l’esprit des Guinéens sur la durée de la période transitoire.

C’est un rituel auquel les chefs d’État font face à l’occasion de chaque fin d’année, s’adresser à leur population avec des nouvelles orientations qui annoncent la politique et la vision générales du gouvernement.

Le 31 décembre dernier le chef de la junte s’est livré à l’exercice, pendant une dizaine de minutes le putschiste a abordé politique, éducation, santé, économie et diplomatie.

A la place de ce qui aurait pu être un discours annonciateur, Mamadi Doumbouya a fait une sorte de bilan du CNRD.

C’est bien possible de parler des acquis du comité national du rassemblement pour le développement, c’est aussi bien qu’il réitère son engagement dans la lutte contre le détournement des deniers publics et la récupération des domaines de l’Etat, c’est encore normal qu’il se montre ferme vis à vis de sa volonté de redresser le pays, c’est aussi compréhensible qu’il réaffirme son attitude de vouloir ramener la Guinée au concert des Nations mais c’est quand-même primordial de s’exprimer sur l’essentiel c’est à dire faire des projections pour la nouvelle année. Surtout que nous sommes en période transitoire donc une situation anormale.

Mamadi Doumbouya laisse planer le doute dans l’esprit des Guinéens sur la durée de la période transitoire alors que le moment était opportun pour rassurer l’ensemble des acteurs qu’il n’a pas l’intention de s’éterniser au pouvoir comme le pensent certains citoyens et politiques. Il a certes dit que ni lui, ni les membres du gouvernement et du CNT ne seront candidats aux prochaines élections, c’est une bonne assurance mais la meilleure manière c’est de dire exactement à quand le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Principale interrogation pourquoi n’a t-il pas communiqué à cette occasion qu’officiellement les activités de la transition vont démarrer à partir du 1er janvier 2023?

C’est bien beau d’entendre les beaux discours mais c’est l’application qui est meilleure.

Ne perdons pas de vue l’essentiel qui nous échappe peu à peu, car il est important de rappeler que de nombreuses interrogations taraudent l’esprit des guinéens. Les ambitions au lendemain du coup d’État ne sont plus les mêmes, les calculs politiques ont commencé très longtemps.

La réussite de la transition dépend de tous les fils du pays on est unanime mais son échec est de la responsabilité de ceux qui la conduisent. Alors si nous voulons que le processus soit une réussite, le flou ne doit plus être entretenu autour de sa durée, il faut une justice impartiale et surtout œuvrer pour la matérialisation des étapes de la transition.

Quand on a pour valeurs: la rectification institutionnelle, la refondation de l’Etat, le rassemblement, le redressement et le repositionnement, on a pas droit à l’erreur.

La Guinée d’abord !

Mamadou Pethé Diallo

Journaliste à la radio Espace kakandé

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