L’initiative « ONU 80 » entre dans une « nouvelle phase critique », affirme António Guterres
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a présenté jeudi de nouvelles avancées l’initiative de réforme « ONU 80 », un vaste projet de réforme et de restructuration destiné à rendre l’Organisation plus efficace, plus agile et mieux armée pour répondre aux défis mondiaux.
Devant l’Assemblée générale, le chef de l’ONU a estimé que cette réforme était nécessaire car « l’inaction face aux bouleversements géopolitiques ne ferait qu’aggraver les souffrances humaines ».
Lancée en mars 2025, l’initiative vise à faire en sorte que « chaque mandat, chaque dollar et chaque décision » produisent davantage d’impact pour les populations et la planète, dans un contexte marqué par des besoins croissants et des ressources limitées.
António Guterres a décrit ce projet comme « un changement de paradigme dans la manière dont le système des Nations Unies organise son travail et collabore pour obtenir davantage d’impact », estimant que l’initiative est désormais entrée dans « une nouvelle phase critique » axée sur les décisions et leur mise en œuvre.

Des réformes déjà engagées
Un rapport d’étape publié mardi détaille les mesures déjà prises pour améliorer l’efficacité de l’Organisation, revoir la mise en œuvre des mandats et envisager des changements dans la structure interne du système onusien, y compris d’éventuelles fusions entre certaines entités des Nations Unies.
Des efforts sont déjà en cours pour rationaliser les opérations au sein du Secrétariat de l’ONU et au-delà, notamment afin de réduire les doublons et d’améliorer la coordination. Ces mesures s’inscrivent dans une volonté plus large de moderniser le fonctionnement de l’Organisation.
L’initiative vise également à simplifier les procédures administratives et à renforcer les services dans l’ensemble du système des Nations Unies, afin de fournir un appui plus rapide et plus rentable aux États membres.
Révision des mandats et responsabilité accrue
Un autre pilier essentiel de la réforme concerne la manière dont les mandats — les tâches confiées par les États membres — sont conçus, appliqués et évalués.
Le rapport souligne les travaux menés avec les gouvernements nationaux pour améliorer la transparence, alléger les obligations de rapport et mieux aligner les mandats sur les ressources disponibles et les résultats attendus.
Alors que des dizaines de milliers de mandats orientent les activités de l’ONU, ce processus d’examen vise à garantir qu’ils restent pertinents, cohérents et centrés sur des résultats mesurables.
Les États membres au cœur des décisions
Les propositions de réforme prévoient un rapprochement accru entre les départements et agences de l’ONU, ainsi qu’une coopération renforcée entre les entités travaillant sur les questions de paix et de sécurité, de développement et de droits humains.
L’initiative met également en avant la nécessité de réduire les cloisonnements et de promouvoir des approches plus intégrées, notamment grâce à des plateformes de données partagées et à des mécanismes de coordination renforcés.
Mais les décisions concernant les changements structurels au sein de l’ONU appartiennent aux États membres, qui auront le dernier mot sur les priorités et leur mise en œuvre.
Qualifiant UN80 de « chantier en cours », António Guterres a souligné que l’engagement durable des États membres demeure essentiel pour bâtir un système des Nations Unies plus cohérent et plus efficace.
À mesure que l’initiative évolue, ses différents volets devraient converger vers un cadre unifié permettant une action plus forte et mieux coordonnée.
Quelques avancées déjà enregistrées
• Réduction de 21 % des postes du Secrétariat pour 2026, tout en limitant les répercussions sur le personnel
• Fusion de 11 équipes du Secrétariat dans une plateforme administrative commune au service de 6.000 employés à New York, avec cinq autres lieux d’affectation concernés à venir
• Lancement d’un Hub numérique à Valence, en Espagne, pour soutenir les services numériques du Secrétariat
• Regroupement de 10 centres de paie du Secrétariat en une seule équipe
• Relocalisation de 220 postes du Secrétariat hors des lieux d’affectation les plus coûteux, ainsi qu’environ 1.900 autres postes à travers le système onusien
• Réduction en cours des postes de direction, avec d’autres diminutions attendues dans le budget 2028
• Mise en œuvre pilote du Nouveau pacte humanitaire dans cinq contextes de crise — Afghanistan, Haïti, Territoire palestinien occupé, Somalie et Soudan — notamment à travers l’unification des chaînes d’approvisionnement, qui représentent 70 % des dépenses humanitaires
• Renforcement des services communs, des capacités technologiques et des données dans l’ensemble du système onusien, avec notamment une nouvelle feuille de route unifiée pour les services administratifs, un système commun de données et une plateforme d’accélération technologique
• Reconfiguration des équipes-pays de l’ONU, réorganisation des dispositifs régionaux et amélioration de l’accès au soutien pour les pays
• Création du Groupe des droits humains afin de mieux coordonner les activités liées aux droits humains dans tout le système des Nations Unies
• Un examen des opérations de paix attendu en juin, avec des recommandations pour une architecture des opérations de paix plus flexible

