Contre La sansure

Memneso apistein (Par Daniel Couriol)

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Inspirée par une formule antique traversant les œuvres de Mérimée et de Joseph Gaï Ramaka, cette tribune signée Daniel Couriol rappelle l’urgence de la vigilance intellectuelle. Une réflexion sur la nécessité de douter pour préserver nos libertés individuelles et collectives face aux manipulations du monde contemporain.

Lisez !

Cette citation grecque est attribuée au poète sicilien Epicharme et veut dire en français : « Souviens toi de te méfier »

Ce grand écrivain fut l’un des fondateurs de la Comédie et l’un des premiers à se focaliser au théâtre sur le jeu d’acteur.

Elle fut reprise bien plus tard par l’écrivain Prosper Merimée, universellement connu pour être l’auteur de Carmen qui inspirera Georges Bizet pour la création de l’un des opéras les plus célèbres au monde.

N’oublions pas qu’il fut également l’auteur d’une nouvelle intitulée Tamengo qui sera l’une des toutes premières dénonciations du commerce des esclaves au XIX siècle.

Le grand réalisateur sénégalais Joseph Gaï Ramaka s’inspirera de l’œuvre de Merimée pour sortir en 2001 l’une des premières comédies musicales africaines : Karmen Geï.

Transposée à Dakar, cette Carmen mêlant rythmes, musique traditionnelle, jazz et musique pop, présentera aussi une femme libre et libérée, bien loin des standards de la femme africaine soumise au patriarcat.

Souviens toi de te méfier…

Cette phrase a traversé les siècles et elle doit continuer à nous interroger.

Elle nous rappelle de continuer à exercer notre esprit critique, de ne point nous fier aux apparences, de prendre du recul vis-à-vis des engagements où prédomine l’esprit de foule, enfin de ne pas prendre les belles paroles, les promesses pour argent comptant.

Trop de méfiance : non,  mais simple et nécessaire précaution dans une période où règnent en maîtres la désinformation,  la manipulation, y compris au plus haut niveau du pouvoir,  dans pratiquement l’ensemble des pays à l’échelle planétaire.

En réalité,  cette phrase peut, je dirais doit, être l’un des outils à utiliser pour préserver nos libertés individuelles et collectives.

Cela ne nous dispense pas, bien au contraire, d’essayer de comprendre, voir comment penser, organiser un monde nouveau, espérons le meilleur,  pouvant concilier idéalement le destin de chaque individu et l’avenir de l’humanité.

Par Daniel Couriol

Source: le populaire

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