PROFESSEUR OUMAR KEÏTA ÉLÈVE LA GUINÉE AU SOMMET DU CAMES EN SCIENCES ET TECHNIQUES DE L’INGÉNIEUR.
Premier Guinéen promu Professeur titulaire du CAMES dans cette discipline stratégique, le Professeur Oumar Keïta inscrit une page inédite de l’histoire universitaire nationale et consacre le triomphe de l’excellence scientifique.
Il est des jours où une République ne s’agrandit ni par l’étendue de son territoire, ni par la puissance de son économie, ni par le faste de ses institutions. Elle grandit par l’intelligence de ses filles et de ses fils. Car si les frontières dessinent les États, ce sont les savants qui façonnent les nations.
L’accession du Professeur Oumar Keïta, Recteur de l’Université de N’Zérékoré, au prestigieux rang de Professeur titulaire du CAMES en Sciences et Techniques de l’Ingénieur, n’est pas une distinction ordinaire. C’est un événement académique majeur, un fait de civilisation et un signal adressé à toute l’Afrique intellectuelle. En devenant le premier Guinéen à atteindre ce sommet dans cette discipline stratégique, et en l’accomplissant à un âge où beaucoup ne font encore qu’entrevoir leur maturité scientifique, il inscrit son nom dans le grand livre de l’excellence universitaire.
Cette consécration ne récompense pas un homme ; elle consacre une méthode. Elle ne célèbre pas une fonction ; elle honore une œuvre. Elle ne couronne pas un privilège ; elle sanctifie le mérite.
Dans le sanctuaire de la science, les titres ne s’obtiennent ni par acclamation, ni par complaisance. Ils se méritent au prix d’années d’étude, d’innombrables nuits consacrées à la recherche, d’articles soumis à la critique des pairs, d’hypothèses éprouvées par l’expérience et de démonstrations dont la seule légitimité réside dans leur validité. La science est une aristocratie du mérite ; elle ne reconnaît qu’une seule noblesse : celle de l’intelligence disciplinée.
À cet égard, la promotion du Professeur Oumar Keïta revêt une signification qui dépasse les murs de l’université. Elle rappelle une vérité que l’histoire confirme avec une constance implacable : les peuples qui dominent leur époque ne sont pas nécessairement ceux qui possèdent les plus vastes richesses naturelles, mais ceux qui produisent le plus de connaissances, innovent le plus et transforment le savoir en puissance économique, industrielle et technologique.
Les empires d’hier reposaient sur la force militaire ; les puissances d’aujourd’hui reposent sur la maîtrise de la connaissance. Désormais, les laboratoires valent davantage que les arsenaux, les bibliothèques sont plus stratégiques que les forteresses, et les universités constituent les véritables manufactures de la souveraineté.
Les Sciences et Techniques de l’Ingénieur, domaine dans lequel le Professeur Oumar Keïta vient d’atteindre le plus haut degré de reconnaissance, occupent une place singulière dans cette nouvelle géographie du pouvoir. Elles conçoivent les ponts qui rapprochent les territoires, les barrages qui alimentent les économies, les réseaux numériques qui connectent les peuples, les technologies qui modernisent les industries et les innovations qui déterminent désormais la hiérarchie des nations. Dans cette discipline, chaque découverte n’est pas seulement une avancée scientifique ; elle est une promesse de développement.
Voilà pourquoi cette distinction honore bien davantage que son récipiendaire. Elle honore la Guinée tout entière. Elle démontre que notre pays possède des intelligences capables de satisfaire aux critères les plus exigeants de l’évaluation scientifique internationale. Elle détruit le préjugé selon lequel l’excellence serait l’apanage de quelques espaces privilégiés. Le génie n’a pas de latitude ; il ne connaît que la rigueur du travail.
Mais cette victoire doit également être entendue comme une interpellation. Une République qui célèbre ses chercheurs doit aussi leur donner les moyens de poursuivre leur mission. Les amphithéâtres ne sauraient remplacer les laboratoires ; la volonté ne saurait suppléer indéfiniment l’absence de ressources ; le talent, aussi exceptionnel soit-il, ne peut s’épanouir durablement sans une politique ambitieuse en faveur de la recherche, de l’innovation et de la coopération scientifique.
Le Professeur Oumar Keïta offre aujourd’hui à la jeunesse guinéenne une leçon d’une portée inestimable. Il démontre que la véritable grandeur ne réside ni dans la facilité des honneurs, ni dans l’éclat des fonctions, mais dans la capacité de consacrer sa vie à une œuvre qui survivra à son auteur. Les responsabilités administratives passent ; les découvertes demeurent. Les mandats s’achèvent ; les idées fécondes traversent les générations.
Les Grecs enseignaient que la connaissance est la plus haute expression de la liberté. Les humanistes de la Renaissance y voyaient la condition première de la dignité de l’homme. Les grandes universités modernes en ont fait le moteur du progrès. Le parcours du Professeur Oumar Keïta s’inscrit dans cette longue tradition qui fait de la science non une accumulation de savoirs, mais un acte de foi dans la capacité de l’esprit humain à comprendre, transformer et améliorer le monde.
À vous, Professeur Oumar Keïta, la République adresse sa gratitude. Vous venez de démontrer qu’un chercheur peut devenir un ambassadeur de son pays sans autre passeport que son intelligence, sans autre arme que sa pensée, sans autre conquête que celle du savoir.
Votre consécration n’est pas le terme d’un parcours ; elle est le commencement d’une responsabilité plus grande encore : celle d’inspirer, de transmettre et de préparer une génération de scientifiques qui feront de la Guinée non seulement une terre de ressources, mais une terre de références.
Car, en définitive, les nations qui marquent l’Histoire ne sont pas celles qui exploitent le mieux leurs richesses, mais celles qui cultivent le mieux leurs intelligences.
Sénateur Tronka
