Tout savoir sur la reconstruction de l’hôpital Ignace Deen ( par Dantouman Souleymane TRAORÉ)
De 2013 à 2017, le gouvernement du président Alpha Condé avait engagé des démarches pour développer les infrastructures publiques à travers le programme de Partenariat Public-Privé. Parallèlement, en 2017, les rapports du gouvernement faisaient état d’un projet de rénovation et d’extension de l’hôpital Ignace Deen.
Ensuite, entre 2018 et 2020, la Société centrale pour l’équipement du territoire de Tunisie a réalisé une étude technique et architecturale des projets de rénovation et d’extension d’Ignace Deen et de reconstruction du CMC de Matam, pour un coût global de 117 millions d’euros, sur financement du budget national.
En 2021, le gouvernement de Mamadi Doumbouya a placé le secteur sanitaire au cœur de ses priorités, de Conakry à l’intérieur du pays. De plus, en 2024, lors de la visite de la Banque islamique de développement (BID) à Donka pour contrôler les investissements de la BID, le ministre de la Santé d’alors avait profité de l’occasion pour plaider auprès de Dr Nabil Challeb, directeur général de la BID, afin qu’elle participe au financement de la reconstruction d’Ignace Deen.

Ensuite, en août 2025, lors de sa visite à Donka, M. Amadou Oury Bah avait annoncé que la rénovation d’Ignace Deen était en cours. De même, au cours de la même année, le Comité technique de revue des offres du ministère de la Santé, le Bureau de suivi des priorités présidentielles et l’Agence de contrôle des grands projets avaient reçu des entreprises soumissionnaires pour la reconstruction d’Ignace Deen et du CMC de Matam.
Par ailleurs, le 31 mars 2026, BSA Groupe, entreprise française, a présenté ses offres techniques et la ministre a demandé une séance de travail technique approfondie entre les experts du département. De même, le 28 avril 2026, Elipse Projets, entreprise française, a également présenté au ministère de la Santé sa proposition pour la reconstruction d’Ignace Deen, comprenant les infrastructures, la maintenance et la formation dans le cadre de Simandou 2040. Après cette présentation, la ministre Khaité Sall a demandé à l’entreprise française de transmettre une offre détaillée du projet avant de poursuivre le processus. À ce jour, le ministère de la Santé poursuit l’examen des propositions des entreprises.
Hier, 19 août 2026, le gouvernement a annoncé le transfert temporaire des activités d’Ignace Deen vers le camp Camayenne pour le démarrage des travaux de reconstruction. Parallèlement, comparativement aux précédents financements qui semblent excessifs et aux soupçons de surfacturation des projets publics, qui, dans la plupart des cas, ne sont exécutés conformément aux normes préalablement établies dans les projets, les observateurs s’interrogent quant au coût réel et aux modalités de financement du projet.
Personnellement, ce projet de reconstruction d’Ignace Deen serait une avancée majeure dans le secteur sanitaire en République de Guinée si les travaux sont exécutés conformément aux normes du projet. Par contre, je suis perplexe quant au coût réel, à la surfacturation du projet, à la sélection de l’entreprise et au contrôle du projet.
De ce fait, avant de démolir cet hôpital historique qui sert malgré son état, le gouvernement devrait communiquer largement sur le coût, le financement, l’entreprise retenue, le calendrier des travaux et les garanties prévues pour assurer la continuité du projet.
Dantouman Souleymane TRAORE (DOCTRINAIRE)

Analyste socio-politique
dantoumantraore629@gmail.com
